historique

Un peu d'histoire... 1946 à 1956

Texte par Huguette Turcotte, m.i.c.

C’est en janvier 1946 que l’archevêque d’Ottawa établit dans son diocèse le service de presse et de cinéma qui, l’année suivante, va être rattaché au Centre catholique de l’Université d’Ottawa, dirigé par les Pères Oblats de Marie-Immaculée.

Ce service publie des communiqués sur la cote morale des films et des livres. Plusieurs diocèses vont se doter d’un organisme similaire. Ce n’est qu’en janvier 1955 que ces services s’unirent en une fédération (Montréal et Ottawa).

Plutôt que de se lancer dans la production cinématographique, l’Église essaie plutôt d’influencer cette production et d’en contrôler la distribution. En unissant les Catholiques dans un ensemble assez important pour exercer un certain poids sur les compagnies productrices, on pense amener ces dernières à ses exigences en matière de films. L’Épiscopat approuve, en décembre 1951, la création de REX FILMS INC. qui, sous l’impulsion de Maurice Roy (qui deviendra plus tard le cardinal archevêque de Québec) veut éduquer la population, aider les responsables de séances ciné à établir leur programmation, à distribuer des films.

Société sans but lucratif, composée de techniciens, d’éducateurs et d’hommes d’expérience, elle s’inspire de la lettre encyclique «Vigilanti Cura» (1937). Tous les organismes catholiques projetant des films s’approvisionnent chez elle. Son monopole fait que son influence s’étend à tout le Canada francophone. REX FILMS forme des moniteurs pour développer l’esprit critique des cinéphiles. Ses films sont adaptés aux auditoires. Les producteurs ne peuvent l’ignorer, car la société centralise les demandes de toutes les institutions catholiques francophones. En 1952, elle dessert 278 salles ou institutions dans 19 diocèses canadiens, et elle est le distributeur exclusif des versions françaises de la M.G.M. et de J.A. Ranks. La Fédération des centres diocésains de cinéma publie «Les films de la semaine» de 1955 à 1957, qui cote les films à l’affiche dans les cinémas et à la télévision. Elle compile dans un index 6 000 titres présentés à Montréal de 1948 à 1955. Dans un désir de coordination de l’action de tous les diocèses francophones du Canada, la Conférence catholique canadienne des évêques décide, en novembre 1956, de fonder le Centre catholique national du cinéma, de la radio et de la télévision.

Dès la seconde réunion, le 4 février 1957, on constate que « le Centre National n’a actuellement aucune documentation sur le cinéma, et il a un besoin urgent d’en constituer une. Le Centre de Montréal en a une assez complète, dont il est prêt à disposer de certaines manières (description des catégories). »

Les orientations et l’organisation générale du Centre sont mentionnées comme suite : « Le Centre National n’a pas un caractère fédératif au sens strict, le travail et l’action devraient se faire dans un esprit de collaboration et de participation des Centres diocésains. » Étapes prévues pour la mise en opération du Centre National :

  1. Étude de chacune des Commissions par le Comité de Direction et mise en marche;
  2. Démarches immédiates pour l’organisation de la Commission de l’Enfance;
  3. Formation d’un secrétariat avec personnel intégré et pouvant travailler en équipe;
  4. Assemblée générale des diocèses en octobre prochain.

Les procès-verbaux suivants mentionnent :

  1. La soumission d’une demande de budget de 30 000 $.
  2. Le projet initial d’une Commission de l’Information et de la Diffusion et celui de la Commission de la Jeunesse par son auteur Léo Bonneville. Il est question d’une Commission de l’Enfance et des Adultes.
  3. Films à l’Écran. Il est décidé de publier un bulletin hebdomadaire sur les films ayant pour titre FILMS À L’ÉCRAN, et dont le premier numéro paraît le 17 mai 1957.
  4. Le 17 juin 1657, formation de la Commission Radio-Télévision. On remarque la grande part prise par les laïcs dans le Centre, comme spécialistes dans les Commissions : « Leur part de responsabilité doit être grande et reconnue ».
  5. En décembre, on mentionne un projet de Commission des programmes religieux.

Le Centre poursuit trois buts :

  1. Renseigner sur la moralité des films et des émissions;
  2. Former le sens critique et la conscience des individus;
  3. Collaborer avec les producteurs pour faire de ces techniques des instruments d’éducation populaire.

Composé alors de commissions spécialisées dans la classification morale des productions, le Centre maintient un contact étroit avec les centres diocésains, et échange avec divers organismes internationaux catholiques. La création du Centre national catholique du cinéma met fin au monopole de REX FILM qui devient autonome et qui mérite, selon l’Épiscopat, d’être encouragé dans la mission éducative (Extraits d’un mémoire sur «L’évolution des normes qualitatives concernant les films à l’OCS» par M. Alain Gagnon, Université du Québec à Montréal, 1988.)