Un pionnier de lOCS
Le Père Jules Godin, s.j.
Après avoir consacré quelque dix ans de sa jeune vie de jésuite comme aumônier dans les mouvements d'Action catholique spécialisée au niveau national, le Père Jules Godin commença à exercer son apostolat dans le domaine du cinéma en 1954; il fut nommé directeur adjoint du tout nouveau Centre diocésain du cinéma mis sur pied par l'archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger.
Le directeur du Centre, M. l'abbé Jean-Marie Poitevin, p.m.é., avait sans doute appris que le Père Godin avait déjà acquis de l'expérience dans l'évaluation et la cotation morale des films, une initiative lancée par la Jeunesse indépendante catholique féminine dont l'aumônier était justement le Père Godin.
Il faut dire qu'à cette époque, on s'inquiétait dans les milieux d'Église de l'influence du cinéma, particulièrement auprès des jeunes. D'où la création du Centre diocésain du cinéma de Montréal qui, d'une part, prit en quelque sorte la relève de la Commission étudiante du cinéma (J.E.C.) pour l'éducation cinématographique dans les maisons d'enseignement et, d'autre part, assuma et développa le service d'information du public sur la valeur des films.
Durant trois ans, le Père Godin, s'employa à ces tâches. Visionnement, analyse et cotation morale des films de long métrage était son pain quotidien. Auquel s'ajoutaient des sessions de formation cinématographique et des conférences sur le cinéma aux éducateurs et aux éducatrices.
En 1956, l'épiscopat canadien (secteur français) met sur pied un Centre national pour l'apostolat et l'éducation dans les domaines du cinéma, de la radio et de la télévision. Ce qui entraîne le transfert de certaines responsabilités du Centre diocésain au Centre national pour la poursuite des activités en cinéma à rayonnement national. Le Père Godin fait tout naturellement partie de ce transfert. C'est ainsi qu'il assume, durant onze ans, les fonctions de rédacteur attitré des publications Films à l'Écran (fiches hebdomadaires de renseignements sur les films présentés dans les salles commerciales de cinéma) et Films à la TV (service de presse offert aux journaux et périodiques). De plus, il est chargé du secteur Cinéma et enfants institué par le Centre national.

Lucien Labelle
2004.08.30
Note: Le 30 septembre 1982, l'Office des communications sociales a décerné sa médaille du mérite au Père Godin, à l'occasion du 25e anniversaire de sa fondation comme "Centre catholique national du cinéma, de la radio et de la télévision".
Informations sur le Père Jules Godin, S.J.
tirées des archives des Pères Jésuites du Canada français
Naissance: 11 mars 1920
Décès: Saint-Jérôme, le 2 octobre 1989
Entrée dans le Compagnie: 14 août 1943
Ordonné prêtre le 15 août 1943
Derniers voeux: 2 février 1946
1931-35: Sault-au-Récollet (noviciat et juvénat)
1935-37: Séminaire de Gaspé, enseignements (régence)
1937-39: Philosophie, Collège de l'Immaculée-Conception, Montréal
1939-40: Collège de Québec, enseignement
1940-44: Théologie CIM, Montréal
1944-45: Mont-Laurier, 3e An
1945-49: Collège Ste-Marie: Diverses tâches en dehors de l'enseignement
1949-70: Maison Bellarmin: SPV: plus: adjoint-directeur diocésain du Centre catholique de Cinéma de Montréal
1957-70: Maison Bellarmin; Centre cath. nat. Cinéma; collaborateur OCS, rédacteur de Films à l'écran
1970-81: Résidence Villeray: Préfet de bibliothèque, ministères divers
1981-84: Centre Vimont: ministères divers
1984-88: Résidence Saint-Marie: prend soin de sa santé; prie pour l'Église et la Compagnie
1988-89: Saint-Jérôme
"Le père Jules Godin est digne de remarque pour la ténacité et la constance avec lesquelles il aura visionné des centaines de films dont il faisait ensuite la critique, à L'OCS. Cette critique paraissait dans les fiches "Films à l'écran". Il aura ainsi rendu service à des millions de lecteurs, tout en leur apprenant le discernement et en éveillant les consciences. (...)
Le père Godin était un doux, mais ce n'était pas un mou. Il avait beaucoup d'ordre et de discipline personnelle. Il avait une charité exquise et n'aurait jamais blessé personne. Ce qui ne l'empêchait pas d'être indigné en présence des injustices sociales. Mais il n'avait rien d'un révolutionnaire. (...)
Le père Godin était violoniste; il manifestait dans son jeu beaucoup de sensibilité. (...)
Une attaque cardiaque changea son régime de vie: il dut modérer ses activités. Peut-être manifesta-t-il une forme angoisse, qui ne fut cependant jamais à charge à personne, sinon à lui-même. Dans les dix dernières années de sa vie, la maladie le fit terriblement souffrir...
Source: La Compagnie de Jésus, Province du Canada français