Lévaluation des émissions liturgiques
Critères utilisés par le Comité de diffusion des célébrations liturgiques (CDCL)
Le CDCL consacre une partie importante de ses réunions à lévaluation de célébrations diffusées à la télévision. Au long des ans, on en est venu à orienter cette évaluation autour de trois thèmes ou critères principaux, à savoir lecclésialité, lexemplarité et la vérité.
La synthèse suivante a été préparée à partir des comptes rendus des réunions du comité depuis 1999.
1.1 La liturgie qui est vécue et diffusée est celle de toute lÉglise. Elle nappartient pas en propre à la communauté locale. Celle-ci la reçoit comme un don, voire un trésor, quelle accueille et transmet à son tour. De son côté, le téléspectateur comprend généralement ce quil voit comme un témoignage authentique et autorisé de la vie liturgique catholique.
Cela implique le respect de ce qui marque de façon particulière la communion avec lÉglise universelle, notamment:
Ce critère permet également de clarifier le sens de ce que peut être la créativité dans le contexte de la liturgie, où elle prend la forme dun art dinterprétation et non de composition. Cela pourra servir au discernement devant des célébrations qui peuvent être très appréciées des spectateurs, mais pour des raisons discutables comme par exemple, lutilisation de chants ou de musique populaires, le remplacement de lectures bibliques par des textes dauteurs profanes ou linsertion de gestes ou de rites tirés du folklore ou de la culture.
a. Il sagit dun événement réel, dune célébration qui a bel et bien lieu dans un lieu donné, avec une assemblée donnée. Il ne sagit pas dune fiction créée, par exemple, en salle de montage à partir déléments provenant de sources et de tournages réalisés en des lieux ou à des temps différents.
b. Cest la célébration dune véritable assemblée liturgique; ce peut être une communauté paroissiale ou, dans le cas dévénements spéciaux, une assemblée de pèlerins dans un sanctuaire, une assemblée diocésaine, un mouvement, une congrégation religieuse...
c. Cest une communauté qui célébre vraiment, avec lÉglise, ce dimanche ou cette fête liturgique.
Ce critère met alors en évidence les difficultés reliées à la décision de diffuser la célébration vécue par une communauté particulière. Que faire, par exemple, quand la vérité est décourageante ou quune assemblée est plus ou moins télégénique ou montrable et que la télévision fait ressortir ses faiblesses et ses carences? Ou par ailleurs que faire quand le respect de la vérité et de lauthenticité donnerait un résultat nettement en deça de la qualité nécessaire pour la diffusion? Le critère suivant, celui de lexemplarité, devient alors déterminant.
3. Le critère dexemplarité
La diffusion dune célébration liturgique à la radio ou à la télévision est comme un sceau, une validation de cette liturgie. Elle devient alors, de facto, un modèle que dautres imiteront. Le critère dexemplarité est donc lié au critère decclésialité.
En outre, il complète le critère de vérité quand se présente le cas dune communauté qui, dans sa vérité, ne peut pas être donnée comme modèle.
Concrètement, le critère dexemplarité peut être utilisé de plusieurs façons:
d. Exemplarité ministérielle
- ton, gestes, attitudes et intériorité du président de lassemblée et des divers intervenants (lecteurs, animateurs, servants dautel, porteurs des dons, etc);
- rapport à lassemblée; cas des prêtres étrangers ou de culture différente.
e. Exemplarité rituelle
- compétence liturgique du président et des intervenants;
- qualité de la prestation des rites très familiers (vs exécution machinale, mécanique);
- attention particulière pour mettre en valeur des parties parfois négligées du rituel.
Comité de diffusion des célébrations liturgiques (CDCL)
6 juin 2008