Communications et Société et le cinéma
Annexe B


- I -
Signification des cotes artistiques de Médiafilm
source: site Internet mediafilm.ca



« 1 » Chef-d’œuvre

C’est le sommet de l’Everest du 7e Art. Des quelque soixante mille films évalués par Médiafilm, seuls 134 l’ont touché. Et parce que l’épreuve du temps est un critère essentiel pour juger de la place d’un film dans l’histoire du cinéma (le consensus des spécialistes en attestant), Médiafilm n’attribue jamais la cote (1) aux films âgés de moins de quinze ans. Un chef d’œuvre, c’est donc:

• Une oeuvre pionnière dans l'histoire du cinéma sur le plan philosophique, narratif, esthétique et technique (ex. : Birth of a Nation, Citizen Kane, etc.).

• Une œuvre-phare dans un genre cinématographique ou un mouvement artistique (ex.: Nosferatu pour l'expressionnisme allemand, Rome, ville ouverte pour le néoréalisme, Singin' in the Rain pour la comédie musicale, À bout de souffle pour la Nouvelle Vague, etc.)

• Une œuvre marquante d'un maître incontesté du cinéma (Vertigo d’Alfred Hitchcock, Gold Rush de Charlie Chaplin, La Grande Illusion de Jean Renoir, etc.).

On peut consulter la liste complète des films ayant reçu la cote « 1 » sur le site mediafilm.ca, en cliquant sur “chef-d’oeuvre”.

 

« 2 » Remarquable

C’est la plus haute distinction qu’un film puisse obtenir à chaud. Elle signifie que le film présente des qualités artistiques exceptionnelles, fait preuve d’innovation ou d’une grande maîtrise du langage cinématographique et possède un supplément d’âme qui le rend universel et intemporel. En outre, ces films ont marqué les cinématographies de leurs pays respectifs, où ils servent de modèles et de repères. Parmi les films récents cotés (2), on compte :
• Brokeback Mountain d’Ang Lee (Etats-Unis)
• Cité de Dieu de Fernando Meirelles (Brésil)
• Nobody Knows d’Hirokazu Kore-eda (Japon)
• Saraband d’Ingmar Bergman (Suède)


« 3 » Très bon
L’originalité, la pertinence et la qualité de l’écriture, de la mise en scène et de l’interprétation sont les principaux attributs d’un très bon film, soit d’un film coté (3).  La place qu’ils occupent dans les cinématographies de leurs pays d’origine, la chaleur de l’accueil critique qu’ils reçoivent dans les festivals internationaux, l’universalité de leur propos, sont également des critères précieux. De par leur nombre (50 à 80 par an, en incluant les téléfilms et les films inédits parus en DVD), les films cotés (3) sont ceux par lesquels on mesure la qualité d’un millésime cinématographique. Et comme le bon vin, certains se bonifient avec le temps.


« 4 » Bon

On a habituellement peu de reproches importants à adresser à un film coté (4). S’il n’est pas toujours transcendant ou original, son pari est réussi et son exécution, solide. Il peut également s’agir d’une œuvre ambitieuse, parfois réalisée par un cinéaste majeur (ex.: The Black Dahlia de Brian De Palma), qui s’avère plutôt décevante, en dépit d’indéniables qualités.

« 5 » Moyen

La note moyenne signifie qu’un film possède autant de défauts que de qualités, bien que les premiers soient, la plupart du temps, plus visibles que les seconds. Un film surmonté de la cote (5) est habituellement cohérent et professionnel, mais peu inspiré ou inabouti sur le plan artistique.


« 6 » Pauvre
Quelques timides éléments rédempteurs peuvent encore sauver du naufrage complet les films cotés (6). S’ils sont ratés, sans équivoque possible, ces films sont néanmoins le fruit d’une intention artistique plus ou moins perceptible, et d’une exécution technique passable.


« 7 » Minable
Depuis l’avènement de la vague «psychotronique» et le culte du kitsch et du trash, les films ayant obtenu cette note infâme connaissent un regain de popularité auprès des cinéphages. Rappelons que les scénarios sont la plupart du temps d’une profonde débilité, que la réalisation est, au mieux, bâclée, et l’interprétation, au pire, catatonique.


source: site Internet mediafilm.ca
11 mars 2008





- II -
Les cotes morales utilisées pour l’évaluation des films
de 1957 à 1966


La cote artistique de « 1 » à « 7 » utilisée par Médiafilm est apparue dans les fiches Films à l’écran regroupées pour publication dans le Recueil des films de 1968. Elle remplaçait les cotes morales qui avaient été utilisées pour la dernière fois dans le Recueil des films de 1966. (Les fiches du Recueil des films de 1967 ne contenaient aucune cote.)



Explication des cotes morales
tirée du Recueil des films de 1966.

« Tous »

Films pouvant être vus sans danger par tous, y compris les enfants.

Le thème et les idées secondaires sont irréprochables au point de vue moral. Le dialogue ne contient aucune partie répréhensible par rapport aux jeunes. Les images et les scènes, notamment les manifestations sentimentales, ne sont admises que dans la mesure où elles n’étonneraient pas dans la vie familiale de chez nous; non plus que ne sont tolérés les éléments de nature à affecter le psychisme de l’enfant.

Les détails antiéducatifs ne sont acceptés que lorsqu’ils sont corrigés par le contexte ou vraiment sans importance dans un ensemble sain et positif.

La portée morale de ces films est bonne, ne fût-ce que du seul fait qu’ils constituent une saine détente pour les enfants; ils ne peuvent donc exercer sur eux aucune influence délétère.



« Adultes et adolescents »

Films qui peuvent être vus par tous les spectateurs, y compris les adolescents.

Le thème et les idées secondaires sont bons ou inoffensifs. Le dialogue, les images et les scènes demeurent discrets; les manifestations de l’amour sont celles dont on n’aurait pas à rougir, en public, dans notre milieu.

Sont considérés comme particulièrement dangereux pour l’adolescence a) sur le plan des images: agissements de jeunes délinquants, attitudes déplacées, étreintes et baisers lascifs, costumes indécents, ainsi que b) sur le plan du dialogue et des idées: tout ce qui exprime un mépris de la loi, de l’autorité et de la morale.

La portée morale de ces films est bonne, ne fût-ce encore ici que du seul fait qu’ils constituent une saine détente.



« Adultes »

Films qui, présentant des problèmes moraux d’adultes, ne conviennent qu’aux gens qui possèdent une certaine expérience de la vie et qui ont atteint un degré moyen de maturité intellectuelle, morale et spirituelle.

Le thème ou idée principale n’est jamais immoral, mais certaines idées secondaires peuvent l’être, le flm décrivant la vie telle qu’elle est, avec ses misères et ses tares; toutefois celles-ci ne sont pas montrées sous un jour sympathique et sont plutôt désapprouvées ou du moins présentées sans insistance.

Parmi les autres éléments (images, scènes, dialogue, musique, etc.), les bons dominent et aucun élément mauvais n’est intolérable, v.g. images ou scènes suggestives, paroles ou attitudes outrageantes pour la religion, sadisme. On classera notamment dans cette catégorie les films dont la valeur récréative atténue, pour les adultes un peu expérimentés, l’absence d’un thème positif et les films qui présentent des images réalistes dont l’effet, quoique bénin pour les adultes, pourrait être nocif pour les adolescents.

Portée morale du film dans son ensemble: bonne ou du moins inoffensive. Les adultes n’en tireront pas d’impression malsaine à condition de réfléchir et de réagir.



« Adultes, des réserves »

Films qui ne conviennent qu’aux adultes qui possèdent une formation supérieure à la moyenne sur les plans intellectuel, moral et spirituel.

Le thème, ou idée principale, n’est pas franchement immoral, mais peut sérieusement prêter à confusion. Ou encore parmi les idées secondaires et les autres éléments il y en a d’immoraux qui ne sont pas désapprouvés; leur appréciation ne dépend plus que du jugement des spectateurs. Comme exemples mentionnons: la présentation objective, quoique en incidence, du suicide, de l’amour libre, du divorce, etc.; un dialogue grivois, des excès de violence ou de brutalité. Aucun élément mauvais, tant sur le plan des idées que sur celui des images, n’est cependant intolérable.

Portée morale du film dans son ensemble:
a)
pour les adultes ayant cette formation supérieure: généralement bonne ou inoffensive;
b) pour les autres personnes, même adultes: généralement dangereuse. Les dangers peuvent être plus ou moins grands selon la gravité des réserves.



« À déconseiller »

Films ne pouvant que nuire à la majorité des spectateurs et porter préjudice à la santé morale et spirituelle de la société. Même les adultes dont il est question dans la cote précédente (adultes, des réserves), s’abstiendront de voir de tels films sans motifs vraiment sérieux.


L’immoralité peut se trouver soit dans le thème, soit dans les idées secondaires, soit encore dans des autres éléments. Même si la nocivité est atténuée par certains bons éléments, ou encore par la valeur artistique de l’oeuvre, on rangera dans cette catégorie les films qui présentent comme naturelles et saines des idées fausses, ceux qui proposent comme solution normale aux problèmes de la vie: le suicide, le meurtre, l’adultère, l’amour libre, le divorce, et cela intégré comme une composante essentielle du thème sans aucun correctif par ailleurs; les films dont le climat est nettement malsain; ceux dont la conclusion est délibérément noire, pessimiste; les films où un élément mauvais est intolérable.


Portée morale du film: généralement mauvaise pour l’ensemble du public qui fréquente habituellement les salles de cinéma. Toutefois, si les éléments mauvais sont du côté des idées et non pas des images, la nocivité pourra être corrigée dans certaines conditions spéciales, v.g. discussion du film par des spectateurs avertis avec la présence de personnes de doctrine sûre. — Même si certains spectateurs, pour des raisons qui leur sont particulières, pouvaient, sans danger moral, voir l’un ou l’autre film coté à déconseiller, il leur faudrait quand même se rappeler que leur présence à de tels films pourrait facilement être une cause de scandale, sans compter que leur billet d’entrée est un encouragement et un vote pour la production d’autres oeuvres de même nature.



« À proscrire »
Films nettement condamnables aux points de vue moral et religieux.

Le thème et le message sont délibérément mauvais ou subversifs (films qui prônent le mal); ou encore l’un ou l’autre des autres éléments est absolument immoral, v.g. images pornographiques, dialogues athéistes, déification de l’amour charnel, etc. On classera dans cette catégorie les films qui attaquent la religion ou qui la rendent méprisable, odieuse ou ridicule; qui font complaisamment étalage de vices, de crimes ou de dérèglements, sans la compensation d’éléments bons de réelle valeur ou sans atténuation sensible de l’impression mauvaise par le ton burlesque, l’ambiance d’invraisemblance ou le caractère historique.

Portée morale du film: nettement mauvaise. Bien qu’on puisse imaginer la possibilité de correction des erreurs en ce qui concerne les idées exprimées (comme pour les films à déconseiller), il faut se rappeler qu’on ne peut collaborer d’aucune façon avec ceux qui se donnent comme mission de répandre le mal, qu’ils le fassent consciemment ou non.


L’ASTÉRISQUE *

L’astérisque, à la suite d’un titre, signifie qu’il s’agit d’un film qui mérite positivement d’être encouragé. Pas nécessairement un film de grande valeur artistique, jamais un film banal, toujours un film tonique.


source: Recueil des films de 1966, aux pages 5 à 9.