Colloque national sur l’Église et les communications
“Chrétiens dans la culture médiatique”

Séminaire St-Augustin, Cap-Rouge
4-6 juin 1992



Présences d’Église dans les médias


par Pierrette T. Daviau, fdls



Parler le même matin que l’animatrice de «L’envers de la médaille», me situe automatiquement côté «à l'endroit» de la médaille. De plus, quand c’est pour présenter nos présences d’Église dans les médias, ce terme «à l'endroit de la médaille» revêt toute la connotation religieuse qu’on lui attribue en général dans notre culture judéo-chrétienne. Je prends donc ce risque du pile et/ou face! Au sens figuré cependant, médaille signifie aussi «profil». C’est surtout dans ce champ sémantique que je demeurerai, me rapprochant davantage de la définition de médaillon: «portrait ou sujet, peint en miniature présenté dans un cadre circulaire ou ovale» (Petit Robert). Portrait miniature, profil de nos tentatives, de nos présences récentes dans les médias qui seront encadrés par quelques diapositives pour compléter mes propos. Je ne prétends pas présenter un bijou, mais un essai davantage impressionniste ou cubiste que réaliste me basant sur l’information reçue, d’ordre plutôt statistique et partiel.

Mon profil des présences d’Église dans les médias aura aussi un côté audio, puisque le thème de ce matin, empruntant au dernier titre de Mgr Gaillot, veut faire état de nos murmures, de nos balbutiements d’Église au coeur des cris du monde. Le murmure est un bruit léger mais continu qui s’apparente au chuchotement, au bourdonnement, au marmonnement: un bruit peu audible adressé à une minorité. Employé en construction absolue, il signifie presque le contraire, i.e. une sorte de récrimination, des protestations venant d’une foule. Mais en général, le murmure est le contraire du vacarme, des cris, des hurlements. Autant de sens qui peuvent servir à présenter les forces et les faiblesses des communicateurs et des communicatrices d’ici dans la culture médiatique.

Qui sommes-nous? Que murmurons-nous? Comment et où murmurons-nous? Nos murmures font-ils entendre la Parole? Telles sont les points que j’aborderai brièvement, question de nous présenter les uns aux autres.

Mon point de vue n’est donc pas de situer comment les médias s’intéressent à nous, ni d’analyser ce que les croyants veulent savoir ou ce qui les intéresserait, mais de faire un survol de ce que l’Église essaie de réaliser depuis quelques années pour assurer sa présence dans les médias. Mon propos pourra paraître trop positif puisque je parlerai peu de ce qui ne se fait pas ou se fait mal et que mon mandat n’est pas d’en faire une analyse critique !



Qui sont les communicateurs et communicatrices chrétiens
et quels sont leurs objectifs?


- commissions épiscopales: Canada et Québec
- services de relations publiques
* des évêques CÉCC/AÉQ
* des religieux et religieuses CRC ET CRC-Q
- office national des communications sociales
- offices diocésains de communications sociales (13)
- 25 producteurs de vidéos socio-religieuses
- 11 distributeurs de vidéos socio-religieuses
- 10 maisons d’éditions catholiques
- 7 librairies catholiques
- 5 associations catholiques en communications sociales
- 10 maisons de formation (dont 6 universités, 1 CEGEP et 3 centres de formation populaire)

Comme on le sait, l’Office national est en lien non seulement avec ses membres, mais également avec de nombreux collaborateurs et communicateurs dont: l’Association nationale des télespectateurs (ANT), le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), des associations de recherches en communications, les associations de journalistes, Telbec, les grands réseaux de la presse écrite et électronique (R.C., R.Q., T.M., TQS) et le regroupement des télévisions communautaires.

Ce qu’on a demandé à ces organismes membres de l’OCS, c’était de nous faire parvenir quelles productions et quelles interventions ils avaient réalisées en 1990 et 1991 accompagné d’une brève présentation de leurs priorités et de leurs clientèles-cibles.

Commençons par celle que j’appellerais la Maison-Mère qui, comme vous le savez tous, fête cette année son 35e anniversaire d’existence, l’OCS. Je ne ferai évidemment pas l’historique de l’Office, mais il est important de savoir qu’en 1988-89, l’Office a procédé à une évaluation en profondeur et s’est donné les priorités suivantes:

- exercer une fonction de leadership au sein de l’Église en vue de l’utilisation du message évangélique;
- être activement présent au monde des médias avec les valeurs évangéliques.

Les rapports annuels font état des nombreuses activités de l'OCS, mais on peut résumer en disant qu’il s’est restructuré en 4 services principaux dont les objectifs sont :

* informer le grand public sur les productions religieuses et la promotion des meilleures d’entre elles;
* alimenter en information critique tous les grands journaux et magazines spécialisés sur le cinéma et sur les films à la télévision;
* fournir un service de consultation et d’animation (aide aux offices diocésains, institutions et organisations sur le plan de la communication);
* offrir un service de recherche et d’intervention-médias.



Les offices diocésains

Les offices diocésains sont actuellement au nombre de 13 seulement au Québec. Il sont mieux organisés dans les petits diocèses ou les diocèses éloignés que dans les grands centres. Quelques services en français existent dans les diocèses hors-Québec.

Les responsables diocésains en communications sociales s’occupent en général des relations avec la presse au sein de l’Église locale. Ils ont la difficile mission d’améliorer, par le canal des médias, les communications entre l’Église locale (évêques, prêtres, agents de pastorale) et le public. Cela se fait surtout par des communiqués de presse, des billets ou lettres pastorales, des messages de Noël et de Pâques, par un bulletin à plus ou moins grand tirage, par des conférences de presse. Le grand public a souvent peu accès au travail réel qui se réalise dans les communautés locales, au vécu de foi des chrétiens, au côté pratique des activités des communautés, aux tendances des nouvelles spiritualités et des transformations que subissent les églises locales. On dirait que seuls les voyages du pape ou les scandales sexuels intéressent ! En tous cas, ce sont ces sujets qui font l’objet de reportages dans la grande presse, mais les journaux diocésains disent autre chose et autrement. Or, il arrive parfois que par crainte d’être mal interprétés, les gens d’Église refusent de parler, sont très mesurés surtout face aux questions controversées: cela ne rend pas la tâche facile aux responsables des médias.

Pourtant de plus en plus de comités spécialisés sont formés pour donner un avis éclairé sur les questions de justice, d’éthique, de droit, de spiritualité parce que l’on croit de plus en plus que les chrétiens ont le droit de savoir et d’être informés même sur les questions difficiles. Personne n’accepte maintenant que la vérité soit camouflée. Si les divers débats entourant la Constitution, la politique Nord-Sud, l’économie mondiale sont mis quotidiennement sur la place publique, pourquoi les chrétiens n’auraient-ils pas le droit d’entendre les débats religieux et théologiques existant dans l’Église? Pourquoi ne seraient-ils pas informés des diverses pratiques pastorales nouvelles qui s’exercent de plus en plus par des femmes, de la baisse réelle du clergé et de ses conséquences, de la contraception et de l’avortement, de la morale sexuelle remise en cause tout comme du mariage et du célibat des prêtres et tant d’autres questions concernant nos moeurs et nos valeurs humaines et spirituelles. C’est là un grand défi pour les responsables de communication en même temps qu’un lieu privilégié de pratique de la liberté évangélique. Ils y travaillent souvent avec peu de moyens, des «salaires d’Église» et pas toujours le soutien nécessaire des pasteurs.

Depuis quelques années, des offices professionnels diocésains se sont regroupés sous le nom d’ARDICOM (Association des responsables diocésains de communication) et ont tenté de développer une concertation plus grande entre eux en formation au plan de la communication, des relations publiques et en consultation de ressources laïques spécialisées. Malgré un plafonnement face à l’embauche, de nouveaux venus plus jeunes et formés en communication augmentent leurs rangs. L'intensification des relations publiques se vérifie lors de lancement des projets diocésains, en promotion et en publicité. La présence accrue dans le secteur social permet d'être plus attentif aux problèmes des démunis et de collaborer à des dossiers sur l’appauvrissement, sur les grèveset les fermetures d’usines. Les cas de violence conjugale et le douloureux dossier des agressions sexuelles sont souvent embarrassants et pas faciles à traiter. Ils demeurent exigeants pour les communicateurs diocésains.



Les conférences des évêques et des religieux
(CÉCC, AÉQ, CRC et CRC-Q)


Ces quatre organismes possèdent un service de relations publiques et sont de plus en plus visibles. Ils ont investi dans l’engagement de personnel formé en communication. Ils hésitent de moins en moins à s’exprimer dans les médias pour dénoncer les abus de pouvoirs et les injustices, pour définir et réclamer les droits des plus exploités de notre société. Ils développent des réseaux de collaboration et de complicité avec les professionnels des médias et entretiennent une forme de partenariat avec d’autres organismes de communication à l’intérieur et à l’extérieur des réseaux ecclésiaux.

Les évêques québécois et canadiens, en plus des communiqués à l’interne, des informations relatives à leurs assemblées annuelles essaient d’apporter des jalons d’une réflexion chrétienne holistique (et globale) qui déborde les déclarations liées uniquement à la sacramentalisation ou à la pratique liturgique. De plus en plus, la dimension de la pratique collective et évangélique colore leurs interventions publiques. C’est peut-être pour cela que certains politiciens et citoyens pensent que les évêques ne se mêlent pas de leurs affaires en parlant économie et politique. On remarque que les médias accordent parfois peu de places à leurs déclarations (cf. celle du 1er mai dernier) quand elle sont contestataires de l’ordre établi.

Il me semble qu’au contraire, ils manifestent ainsi que la foi n’est pas seulement une affaire du dimanche mais qu’elle s’inscrit dans toutes les dimensions de la vie chrétienne: tout ce qui est humain doit intéresser les chrétiens. Bien sûr, il y aurait d’autres sujets importants à traiter: là encore, il y a place à une plus grande qualité et à davantage de visibilité. Pour se prononcer sur diverses situations d’intérêt religieux, souvent liées aux aspects culturels et sociologiques, ils font alliance avec les autres Églises chrétiennes. Dernièrement, 2 évêques de l’AÉQ ont présenté un mémoire devant le CRTC pour rappeler à ce dernier la responsabilité des diffuseurs en rapport avec une programmation respectueuse des publics, des régions et des convictions religieuses. Ils ont mis l’accent sur l’importance du respect des valeurs fondamentales comme la justice sociale, la famille, la non-violence (est-ce que les récentes déclarations de Keith Spicer concernant la violence à la télévision en seraient le fruit? De toute façon on ne peut que s’en réjouir). Ils ont déploré la quasi absence d’émissions religieuses chez une majorité de télédiffuseurs et réclamé un service plus équitable dans ce secteur. Ils ont offert leur collaboration et souhaité des relations plus régulières avec le CRTC et avec les télédiffuseurs.

Le service des relations publiques des conférences religieuses s’implique davantage depuis les dernières années par la présentation de mémoires, par des déclarations publiques à chaque fois que les valeurs évangéliques sont brimées. On se rappelle l’impact de la présentation du mémoire sur l’appauvrissement au Québec par la CRC-Q présenté au Premier ministre Robert Bourassa. Des prises de paroles sont faites également en faveur des autres peuples lésés dans leurs droits et des interventions publiques, en particulier au Québec, ont été présentées concernant les lois nuisant aux plus démunis de notre société.

Il s’agit donc d’interventions sur des sujets d’actualité, des prises de parole et des positions qu’on peut qualifier d’ouvertes, de non partisanes, en faveur des valeurs évangéliques et spirituelles. Les propos sont nettement moins moralisants qu’avant et tiennent compte de la société d’ici et de ses besoins sans références excessives à l’Église officielle.

Exemples:
- promotion de la vie au lieu de condamnation de l’avortement;
- actions positives à l’égard des femmes (contre la violence, déclaration du 50e anniversaire du droit de vote), même s’il n’y a pas de déclaration officielle sur la place des femmesdans l’Église.

Bien sûr, le langage n’est pas toujours médiatique et il est souvent radical et théorique. Mais ce sont des prises de paroles courageuses et que nous pouvons exploiter davantage dans nos milieux pour que là, ces messages deviennent événements médiatiques.


Les périodiques religieux (Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC))

Si on pense maintenant à la presse écrite catholique, elle est représentée par l’ACPC qui fête son vingt-cinquième anniversaire. Comme on le sait, il n’y a pas ici de grands journaux catholiques comme dans certains autres pays. Les revues dites «catholiques» sont évidemment inégales quant à leur impact, leur public, leur tirage et leurs contenus. Sous la même bannière, on retrouve des revues populaires à grand tirage, des petits bulletins de relations publiques ainsi que des périodiques spécialisés ou de formation pastorale.

L’ACPC cherche à aider chaque revue à se situer face à son public et non pas à promouvoir un regroupement des diverses revues sous un seul parapluie. L’ACPC se réunit deux fois l’an pour donner à ses membres une formation de plus en plus professionnelle concernant par exemple l’écriture journalistique, la mise en page, le marketing, la publicité. Dans le but de favoriser un meilleur rendement et plus de compétence, un prix est remis à chaque année. Un effort est tenté pour viser tant des rédacteurs qu’un public plus jeune. Les revues «internes» des communautés religieuses ou paroissiales rejoignent souvent un public très restreint, intéressé à une information très locale. Certaines offrent un produit de plus grande qualité que d’autres. Même si l’ensemble des revues a connu une baisse du tirage de 10 à 15% durant les dernières années, on constate qu’il y a amélioration des contenus et des contenants, plus grand souci de transparence et d’acculturation. Des maisons d’édition du livre religieux nous ont envoyé leurs catalogues. Vous les connaissez sans doute. Avec l’augmentation des taxes, leur vie n’est pas facile et l’avenir peut paraître incertain pour quelques-unes.


Présence dans les médias électroniques

Notre présence dans les médias électroniques s’apparente souvent à de très légers murmures et même à des silences pas toujours parlants. On est loin d’envahir les ondes! C’est peut-être mieux ainsi, diront les adeptes ou les ennemis: l’Église était tellement omniprésente avant la révolution tranquille qu’il est bon que maintenant elle ne parle que dans ses locaux. Pourtant beaucoup de réalisations s’accomplissent. Plusieurs maisons de production et des groupes communautaires et religieux investissent pour plus de qualité et pour une diffusion plus large.

Au chapitre de la radio et télévision d’État nous avons peu de pouvoir et d’influence. Il existe des liens de collaboration avec quelques grands réseaux, mais aucun lien de supervision, sauf pour quelques émissions à caractère liturgique.

Au niveau des diffuseurs privés, en général, il y a une diminution des émissions religieuses pour faire place à des émissions évangélistes qui achètent du temps d’antenne. Il est intéressant de savoir que le taux de pénétration de la câblo-distribution est de 81%. À cause de leur plus grande ouverture, il y a une programmation abondante et variée concernant les émissions à caractère religieux et/ou communautaire. En région, on constate une collaboration harmonieuse entre les Églises locales et les câblodistributeurs: il y a souvent 2 émissions catholiques à la télé et davantage à la radio. Ainsi, les 2 séries Sur la place ont développé des compléments régionaux fort appréciés. Devons-nous utiliser davantage
nos ressources là où il y a moins de grandes têtes de réseaux ? À nous de voir.

Le Regroupement missionnaire pour les communications (REMICOM) a présenté 20 émissions de 30 minutes sur les réalités du Tiers-Monde et divers témoignages de solidarité donnés par des Québécois oeuvrant dans les pays du Sud, en Afrique ou en Asie. De son côté, le réalisateur, Réginald Lussier, a produit une série de 20 émissions sur les fondateurs et fondatrices de Montréal, Pierres vivantes, qui présentent l’histoire, les traits de caractère et la spiritualité de ces pionniers et pionnières qui ont influencé notre culture. Subventionnée par la Commission de la vidéo religieuse, cette série est diffusée sur les ondes de Vidéotron et dans certains réseaux communautaires.

D’autres documents s’adressent en priorité aux agents de pastorale diocésaine ou scolaire. Plusieurs producteurs ont développé un produit fort intéressant et très pédagogique en ce qui a trait aux productions vidéos pour les enfants. Créativité, originalité et acculturation se retrouvent de plus en plus dans ce type de documents d’animation. Le Centre Saint-Pierre est sans doute connu pour la variété et la qualité des services dans le domaine de l’éducation populaire aux médias et par les médias. Il a également produit de nombreux documents d’animation utilisés souvent par les réseaux alternatifs. «Édu Média», qui était un secteur de l’office de Catéchèse du Québec vient d’être suspendu! Surprenant sans doute à l’heure où on constate l’importance de l’audio-visuel dans l’éducation de la foi. Mais quand on parle de production, il est souvent question de gros sous et l’Église vit la récession comme tout le monde! Peut-être renaîtra-t-il plus fort, c’est à espérer.
Cette présentation non exhaustive du panorama de nos présences d’Église dans les médias est plus quantitative que qualitative. Les questions de fond demeurent donc entières.


Conclusion

Nous le savons, les médias ne doivent pas servir de seuls moyens de propagation du message évangélique ou catéchétique, mais ils sont le fruit et les porte-paroles de la culture actuelle. Communion et Progrès souhaitait il y a 20 ans «qu’existe dans l’Église la liberté d’expression et de pensée, un échange d’opinions légitimes» (116); elle manifestait le besoin d’un apport public pour alimenter le dialogue entre ses membres. Cela me paraît encore très valable aujourd’hui et pourtant beaucoup de travail reste à faire pour que l’Église ait un comportement prophétique en matière de transmission d’information, de valeurs de liberté et de dialogue véritable. N’est-il pas venu le temps, comme le souhaite la nouvelle instruction pastorale sur les communications sociales,Aetatis Novae, que la pastorale des communications fasse partie intégrante de la pastorale d’ensemble? Peut-être alors se situera-t-elle dans le courant de la culture de cette fin de 2e millénaire.

On constate sans doute un développement positif quand on pense que dans la plupart des cas, on est passé du silence à la parole, de l’absence à la présence, du secret à l’ouverture et de la hiérarchie à la base. Des tentatives honnêtes et mêmes courageuses ont été faites pour améliorer la communication entre les Églises locales et le public, entre les centres de production et la clientèle. Une recherche de transparence se remarque de plus en plus. Même si tout est loin d’être parfait, nous semblons engagés dans une bonne voie pour mieux jouer un rôle de communication et de communion et non un rôle de pouvoir, du dernier mot.

Mais la question demeure: Nous contentons-nous de marmonner des messages inaudibles et inappropriés? Avons-nous le courage de protester au nom des valeurs évangéliques, en particulier pour être la voix des sans-voix? Acceptons-nous facilement des situations intolérables «sans murmurer», par peur, par soumisson, par incompétence? Si nous murmurons mieux qu’avant, nous préoccupons-nous de cibler qui nos murmures veulent rejoindre? Qui serait la meilleure personne à déléguer pour que le message soit entendu? Quand nous nous prononçons à mi-voix ou à voix basse, la Parole passe-t-elle, se rend-elle à l’oreille, aux yeux, à l’imaginaire et au coeur des destinataires? Il peut arriver que ce qui est faible murmure dans les grands médias a un impact plus retentissant au plan des communautés locales. Nos stratégies de diffusion, de concertation et de programmation devront en tenir compte pour une juste répartition de nos énergies humaines et financières. Il ne s’agit pas d’utiliser servilement les médias comme bons moyens pédagogiques, mais d’intégrer le message libérateur de la Parole dans cette nouvelle culture qui façonne notre être au monde d’ici. Ainsi nos murmures pourront devenir service réel à nos frères et soeurs en attente de paroles et de gestes de libération.

Merci.