Atelier 6

La télévision communautaire,
un média à notre portée



La télévision communautaire, ses atouts, sa proximité, ses possibilités de création.
Quelle cote d’écoute? Quel public rejoint-elle? Quelles difficultés prévoir?
Quelle lien peut-elle créer avec le milieu? Quelle solidarité à bâtir?

Animateurs
Réjean Bernier et Lise Lapalme

Secrétaire: Claude Champagne


Rapport du secrétaire de l’atelier:

Voici un résumé des informations complémentaires qui ont été transmises lors de cet atelier animé par Réjean Bernier, agent de pastorale et animateur à l’émission Sur la place (Québec) et par l’animatrice Lise Lapalme, journaliste et coordonnatrice de l’émission Parole et Vie. Pour ce qui est de l’essentiel de leurs propos vous référer au texte qui suit ce rapport.

Depuis deux ans, une coalition regroupant des organismes communautaires, des ONG, des institutions, des intellectuels, la SSJB, des médias communautaires, des artistes incluant des cinéastes et des vidéastes (indépendants ou travaillant à l’ONF) ont fait pression sur Vidéotron à Montréal afin que le canal communautaire soit davantage le reflet de la communauté montréalaise. Le Centre Saint-Pierre fait partie de cette coalition qui origine d’une demande de représentants du personnel syndiqué de Vidéotron, en collaboration avec monsieur Michel Pichette du Service aux collectivités de l’UQAM (et ex-président de l’Association nationale des téléspectateurs et des téléspectatrices, malheureusement dissoute). Cette coalition regroupe également les bénévoles qui travaillent à la production d’émissions au canal communautaire.

Les pressions de cette coalition, maintenant incorporée sous le vocable de Forum de la TVC de Montréal, ont porté fruit à plusieurs titres en matière de démocratisation et d’accessibilité:

• le CRTC a exigé que le canal communautaire à Montréal et à Québec (des pressions dans cette ville ont également été faites et entendues) reflète davantage la communauté (ou les communautés) de ces centres urbains;

• la licence accordée à ces canaux ne fut renouvelée que pour deux ans, contrairement aux sept années accordées automatiquement d’ordinaire, afin de s’assurer et de réévaluer si les promesses de réalisation de ces câblodistributeurs seront à la hauteur de cette mission;

• des représentant-e-s du Forum siègent au Comité de la programmation, là où sont reçus, analysés, acceptés ou rejetés les projets d’émission soumis par des bénévoles;

• une collaboration étroite a été établie avec le service des nouvelles de la radio communautaire CIBL-FM afin de mieux couvrir l’actualité quotidienne montréalaise;

• une rencontre s’est tenue entre la direction des programmes et certains cinéastes et vidéastes indépendants afin que des sommes plus substantielles soient allouées en matière de droit d’auteur pour la diffusion de productions alternatives et indépendantes (une entente s’est dégagée de cette rencontre);

• Vidéotron investit davantage dans la formation de son personnel et des bénévoles engagés dans la production d’une émission;

• le Centre Saint-Pierre est l’une de ces ressources de formation. Des formateurs du Secteur des communications offrent actuellement une démarche de 30 heures, totalement défrayée par Vidéotron. Cette formation était autrefois offerte à des groupes communautaires et des communautés religieuses en matière d’initiation à la production vidéo (cf.: projet de formation CSP - OCS - Fondation canadienne de la vidéo religieuse qui n’a pas vu le jour faute de participant-e-s). Les superviseurs des canaux communautaires en région se sont montrés intéressés par une telle formation, à adapter et à donner en une fin de semaine. Avis aux intéressés;

• les personnes désireuses de déposer un projet d’émission ne seront plus astreintes à se conformer au format, autrefois exigé et obligé de 26 demi-heures. Des projets spéciaux ou d’autres avec des formats plus courts (ex: de deux à trois demi-heures) sont maintenant acceptés;

• Vidéotron Montréal devrait éventuellement faire l’acquisition d’une ou deux caméras portatives (Super VHS) pouvant être mises à la disposition des bénévoles désireux de réaliser quelques reportages ou entrevues sur le terrain, dans leur quartier. La direction de Vidéotron Montréal est aussi ouverte à accepter d’autres suggestions d’acquisition (ex: bottins de référence pour les recherchistes).
Bref, une excellente collaboration et association s’est établie entre le Forum de la TVC de Montréal (qui reste autonome du syndicat des employé-e-s) et la direction de Vidéotron. D’ailleurs, cette dernière joue un rôle actif au sein de l’Association des câblodistributeurs du Canada (ACTC) dans la définition du mandat et de la mission «communautaire» du canal, au moment où des audiences auront cours cet automne au CRTC au sujet de la câblodistribution et de la radiodiffusion. Certains câblos aimeraient bien se dispenser de cette obligation sociale et légale de fournir et de financer un canal à la communauté. D’autres intervenants proposeraient d’en diversifier le financement. À suivre. C’est le temps de manifester son appui aux canaux communautaires.

Dernière information: tout bénévole impliqué dans la production d’émissions au canal communautaire peut, s’il le désire, faire une demande d’adhésion à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en autant qu’il fournit comme preuve une lettre de la direction de l’information indiquant que le journalisme fait partie de ses occupations régulières.

Claude Champagne