Colloque Communications et Société du 2 février 2001
Internet dans la mission de lÉglise
L'internet religieux dans une société québécoise fragmentée
Éléments d'une problématique d'ensemble
Pierre C. Pagé
Université du Québec à Montréal
Chers (Chères) collègues,
Préambule
Les réflexions que je veux vous proposer aujourd'hui sur l'utilisation d'internet, à vous qui êtes des praticiens expérimentés, s'appuient sur une pratique de plusieurs années comme utilisateur quotidien d'Internet pour mes travaux en information religieuse. Je ne suis ni un spécialiste de la technique ni un scénariste multimédia, mais je suis plutôt un chercheur, un historien des médias et un chroniqueur qui ne saurait plus accomplir son travail sans les instruments développés sur Internet.
Introduction
Depuis un siècle, le peuple québécois a toujours intégré très rapidement dans sa vie quotidienne les techniques de communication. Ce furent successivement le téléphone, la TSF, la radio, la télé, le cable, la radio et la télé communautaires, les téléconférences et internet. Dans d'autres pays, on voit souvent le Québec comme un modèle social de l'implantation des technologies de communication. Depuis 1930, sans interruption, l'Église a trouvé naturel d'utiliser les médias pour diffuser diverses formes de son message: liturgie, prière, conférences, enseignement, forums, courriers de consultation, tribunes téléphoniques, reportages d'événements spéciaux, entrevues avec des spécialistes, messages des autorités religieuses, concerts de musique sacrée, et toutes sortes de formes intermédiaires. Il est donc logique de s'interroger aujourd'hui sur les formes les plus appropriées pour la diffusion par internet, dans le contexte de la culture québécoise, de messages religieux.
Comme les autres médias l'ont été et le sont encore chacun selon sa nature spécifique, Internet peut être un instrument utile pour faire connaître le message de l'Évangile et l'action des chrétiens dans la société comme pour contribuer à la coordination de la pastorale et à l'éducation de la foi.
C'est cet état de la question et quelques éléments d'une problématique générale que je veux explorer avec vous en mettant en relief l'originalité du média internet et en posant quelques questions sur les modalités de son usage. Pour le faire, je vais d'abord présenter quelques données sur le développement de l'Internet religieux au Québec. Puis je soulignerai certains faits de langage qui marquent le discours idéologique qui accompagne Internet, pour soulever ensuite quelques points névralgiques qui marquent la transition entre la télévision et Internet, -est-ce une continuité ou une rupture? - et enfin j'en tirerai une réflexion sur les opportunités qui s'offrent à nous pour les utilisations à des fins religieuses.
1. Quelques faits.
La technologie Internet est entrée dans le grand public, par suite du développement du WEB par des européens, il y a moins de dix ans, et pour la plupart des gens c'est environ cinq ans. Au Québec, un inventaire récent effectué en collaboration avec Claire Joron, a permis d'établir un répertoire qui identifie plus de 450 sites religieux catholiques créés et gérés par des personnes ou des organismes québécois. On y trouve notamment: 17 diocèses (latins et orientaux), 54 paroisses, 53 instituts religieux masculins, 30 instituts religieux féminins, 12 organismes d'éducation, 48 organisations de pastorale jeunesse et mouvements de jeunes, 65 associations de pastorale et organismes caritatifs, 30 médias écrits, radio ou télé, 12 maisons d'éditions et un certain nombre de pages personnelles. Plusieurs de ces 330 organismes mentionnés ici opèrent plusieurs sites destinés à des fins complémentaires. (Je signale au passage que l'on trouve aussi environ 70 sites créés par d'autres confessions chrétiennes au Québec.) De tout cet ensemble, la très grande majorité, peut-être 9 sur 10, est formée de sites qui jouent un rôle d'information religieuse à caractère institutionnel.
Au fond de toutes ces expérimentations en cours, on trouve la volonté d'assurer la présence de l'Église dans ce nouveau territoire médiatique comme elle a su utiliser tous les médias depuis trois quarts de siècle. On trouve aussi le postulat implicite selon lequel ce nouveau média, l'Internet, au delà de la mode et du discours idéologique qui l'entourent, peut être un instrument valable, et qu'il est assez utile à la mission de l'Église pour que l'on y investisse des ressources financières et surtout d'énormes quantités de temps. L'intuition est juste.
C'est pourquoi il vaut la peine de s'interroger sur ce qu'Internet permet de nouveau et de différent dans la société et, spécialement pour l'Église, dans notre société québécoise où l'on assiste à une multiplication exponentielle des médias électroniques, surtout de la radio et de la télévision, et par conséquent à une fragmentation accélérée des publics. Il faut plusieurs médias pour rejoindre des publics de plus en plus diversifiés.
Ces faits de développement médiatique doivent d'autre part être inscrits dans le contexte sociologique de l'évolution d'Internet. A cet égard, il est utile de prendre en considération les données récentes sur le branchement et l'utilisation d'Internet. On y voit des tendances significatives. Aux États-Unis, au Canada et au Québec, on assiste à un plafonnement très bas du commerce électronique, et au Québec c'est moins de 1%, par manque de confiance dans le système semble-t-il. Le taux de branchement au Québec et d'utilisation d'Internet se situe maintenant à plus de 45% (la moitié des usagers le font au travail) et la croissance est désormais beaucoup plus lente mais elle se fait largement dans les populations de retraités. Dans le monde, le nombre d'heures passées sur Internet a tendance à diminuer et, nous voyons apparaître dans les statistiques une nouvelle catégorie, celle des "décrocheurs", les personnes qui abandonnent Internet, par manque d'intérêt et par souci de ne pas perdre leur temps. Aux États-Unis, ces "décrocheurs" sont évalués à 28 millions de personnes. Au Québec, les firmes de sondage devraient fournir des chiffres dans le cours de l'année mais l'estimé de l'an dernier était de 2%. Enfin, je rappelle que selon Satistique Canada et d'autres sources, neuf personnes sur dix utilisent Internet d'abord pour le courrier électronique. Par ailleurs, aux États-Unis, la deuxième utilisation, qui est un puissant moteur pour l'industrie des ordinateurs, c'est le jeu video en ligne qui transforme le médias en arcades.
Ces chiffres donnent à penser que le nouveau média est en train de gagner en stabilité, que son utilisation est plus rationnelle et moins impulsive pour la majorité des usagers et que nous allons vers une situation relativement classique d'utilisation multiforme de tous les médias, Internet devenant un très bon instrument dans un éventail médiatique complexe et varié.
2. Le langage et l'idéologie.
Devant ces faits, il faut porter une attention spéciale au type de langage que nous employons pour parler du développement d'Internet. Je suis certain que tous les responsables de sites religieux ont depuis longtemps pris leurs distances par rapport au discours mythologique à propos d'Internet, que l'on rencontre continuellement dans les milieux de l'industrie des communications, qui motive essentiellement les milieux commerciaux et qui infiltre les institutions culturelles: la mythologie de la communication avec le monde entier pour un marché libre et en croissance exponentielle, la révolution qui fait entrer dans un nouveau paradigme définissant une humanité nouvelle (cela ressenble aux discours sur l'entrée dans l'ère du verseau!), le thème de la mondialisation de la culture, l'émergence d'un destinataire universel, sans enracinement, sans identité nationale, sans contexte social, le client parfait pour le discours publicitaire connu: "Sans Internet, point de salut".
Il est important de souligner que présentement, dans les milieux journalistiques, ceux de l'éducation et même les milieux universitaires, et évidemmment les milieux politiques, on ne trouve aucun débat ni aucune analyse critique du phénomène Internet. Le discours dominant est celui d'une pensée uniquement promotionnelle, c'est un discours apologétique avec une légère tendance à culpabiliser quiconque veut émettre des réserves; ou bien c'est un discours jovialiste et euphorique qui annonce la solution magique de tous les problèmes sociaux par la technologie. (v.g. la non-participation des citoyens aux élections: le vote par internet; stagnation économique: le commerce électronique; le manque d'enseignants: logiciels d'enseignement en ligne; manque d'infirmières: appareils automatiques contrôlés par intranet; etc.)
Dans ce contexte nous devons plus que jamais éviter soigneusement la mystification d'Internet qui subsiste aussi dans certains milieux religieux comme dans le monde de l'éducation et qui est entretenue par les excès d'un langage métaphorique souvent pris au pied de la lettre: le cyberespace qui accueillerait des cyber-paroisses et permettrait les cyber-confessions aussi bien que la cyber-adoration nocturne, sans compter la webcamera postée en permanence sur un site d'apparitions...
Un auteur religieux publiait récemment un document où se retrouve pleinement le piège de la mythologie contemporaine. Il décrit l'une des motivations qui poussent à utiliser Internet de la façon suivante:
"Internet fait respirer "mondial". Avoir un site sur la grande toile d'araignée (World Wide Web) c'est participer à l'aventure majeure de son temps, c'est s'élargir, c'est appartenir activement à la communication, enfin libre et planétaire. Les sociologues nous ont appris que pour la majorité de la population, le sens de la vie n'est pas donné par des idées ou doctrines mais par participation à un groupe: appartenir au réseau Internet, c'est donner un sens à sa vie."
3. De la télé à Internet: continuité ou rupture?
Pour prendre un peu de recul et évaluer avec un minimum d'objectivité les avantages qu'Internet peut nous procurer, il est utile de s'arrêter un instant à construire, d'un point de vue sociologique et anthropologique, une comparaison avec un autre média essentiel de notre société, la télévision.
a) Par rapport à son public et à ses contenus, la télévision est un média de masse, offrant à de vastes auditoires un éventail très diversifié de programmes qui cherchent à rejoindre des goûts différents et des points de vue différents. L'auditoire de la télévision, c'est le grand public, qu'on peut décrire comme l'équivalent de l'ensemble de la société démocratique dont tous les citoyens, malgré et à cause de leurs différences, s'assemblent pour désigner par élection leurs représentants politiques. Le sociologue Dominique Wolton en donne ainsi la description:
"La radio et la télévision, par le simple fait qu'elles proposent tous les jours des programmes qui ne m'intéressent pas, constituent une représentation de l'altérité... L'offre du journal, radiophonique ou télévisé, est toujours une ouverture sur le monde, une invitation à la tolérance." Par comparaison, la relation de l'utilisateur avec le média Internet est très différente:
"Quel est en effet le modèle culturel derrière internet? Un modèle individualiste, nord-américain, communautariste, où l'on se regroupe en fonction d'intérêts communs. ...Internet relie de manière remarquable au niveau mondial tous ceux qui s'intéressent à la même chose. Mais il élimine l'autre question, beaucoup plus compliquée: comment faire vivre ensemble tous ceux qui, précisément, n'ont pas les mêmes intérêts?" On peut donc synthétiser en décrivant la télévision comme un média généraliste qui s'offre au grand public alors qu'Internet est un média spécialisé qui est consulté par un éventail de publics spécialisés.
En conséquence, l'avantage de l'ouverture à la diversité qui est offerte continuellement par la télévision mais qui est atténuée par le caractère superficiel et abrégé des dossiers et des informations, trouve un complément valable dans le média Internet qui permet, au contraire, d'approfondir indéfiniment la documentation relative à un sujet que sélectionne l'usager, tout en lui permettant, cependant, d'ignorer le reste des problèmes et des informations qui forment l'actualité. Avec Internet, l'usager seul choisit le sujet de sa consultation.
Par conséquent, la possibilité que cet usager s'ouvre, par le hasard de l'actualité, à des dimensions autres que celles de ses préférences, est infiniment réduite par rapport à la télévision. Pour rejoindre un grand public aléatoire, même lorsqu'il s'agit d'un petit auditoire réduit à 500,000 personnes, la télévision reste un excellent véhicule. La télévision, c'est une place publique, une agora que fréquentent en simultanéité des milliers de personnes qui souvent, le lendemain, font leurs commentaires et en discutent en arrivant au travail. L'internet, c'est au contraire une multitude de petits salons et de salles de travail fréquentés à des moments divers par de petits groupes de personnes (regardons les chiffres que donnent les compteurs) qui n'ont pas l'occasion naturelle d'en discuter le lendemain.
b) Un autre aspect des deux médias s'impose à notre réflexion: c'est celui des modalités sémiologiques de la communication avec l'usager. Malgré la similitude de plus en plus grande entre les écrans et les systèmes numériques de production de l'image, la nature des deux médias est profondément différente.
La télévision, c'est l'audio-visuel porté à son meilleur développement, c'est l'image en mouvement composée avec une trame sonore centrée sur la transmission de la parole humaine. Internet, c'est la transmission puissante de textes et de données, illustrés par des photos ou des images de synthèse (le multimédia), avec des compléments sonores occasionnels, centrée sur la diffusion écrite d'une information. C'est le retour de l'écrit sous une forme électronique. Cette richesse du texte sur Internet s'accompagne d'un développement accéléré de l'interactivité, dont une forme non négligeable a été mise en oeuvre à la radio et à la télévision par le jumelage avec le téléphone pour la diffusion des tribunes téléphoniques accessibles à tout le grand public.
En bref, La télévision, c'est la primauté de la parole et de la personne humaine vue à l'écran. Internet, c'est la primauté du texte, auquel on accède, ne l'oublions pas, par un clavier.
Lorsqu'on voudra réfléchir aux manières les plus appropriées d'offrir sur les agoras les témoignages de la foi en Jésus-Christ, il s'imposera d'en tenir compte.
c) Enfin je dois souligner une troisième différence marquante entre la télévision et l'Internet. On sait, par les informations récentes, que les grands médias écrits (journaux et revues), radiophoniques et télévisuels, sont de beaux fruits juteux de bénéfices financiers potentiels que les méga entreprises se vendent les unes aux autres, s'échangent, se sous-traitent et s'affilient pour permettre au verger de produire des croisements qui sont presque génétiquement modifiés. Il en résulte une standardisation de l'offre radio ou télé, une diminution catastrophique des salles de nouvelles qui s'en remettent de plus en plus aux agences de presse sauf pour le sport (!), une homogénéisation des musiques et des sons, en somme une standardisation et un nivellement des programmes inspirés par la mondialisation galopante.
Internet nous apporte, au plan sociologique, un avantage remarquable: il rend possible l'expression des identités régionales, des petites écoles de vie et de pensée, il rend possible la survie de l'altérité et du multiple au milieu d'un monde qui est contrôlé par une idéologie de pensée unique. C'est ici une situation qui peut permettre d'alimenter la renaissance de cultures sectorielles et de consolider les réseaux proches du terrain de chaque région tout en rendant accessible la communication avec les autres régions. L'avantage réel, dans cette perspective, ce n'est pas uniquement l'ouverture sur le monde que nous offre Internet, c'est la solidarité quotidienne et précise avec son voisin, le réseau des écoles, les lieux de débat et de réflexion sur la culture québécoise, les interventions de nos Églises diocésaines.
On le voit par ces quelques éléments d'analyse, entre la télévision, qui a marqué la culture de notre société, et Internet, on peut voir une rupture, beaucoup plus qu'une continuité. Notre utilisation d'Internet ne doit pas se faire en le voyant comme un héritier de l'audio-visuel, et spécialement de la télévision, mais en tenant compte de ce qu'il est, un développement très complexe et raffiné de l'informatique dans le traitement de l'information par des signaux numériques. Nous passons progressivement d'une période dominée par les véhicules de la culture de masse pour ajouter aux ressources de la société un instrument qui peut favoriser les cultures particulières. L'équilibre entre les deux sera toujours une réalité fragile qu'il faudra soumettre à une réflexion constante.
4. Internet religieux: un bon instrument pour de bons projets.
Il est clair qu'Internet est une excellente technologie rapide et économique pour transmettre des masses d'informations numérisées. Mais il faut se demander si l'éducation de la foi et l'évangélisation sont uniquement des transmissions d'information. Internet crée des réseaux et des espaces virtuels: les relations des chrétiens entre eux et avec l'ensemble de la société peuvent trouver dans Internet des couloirs de communication très utiles. Mais la spiritualité et la prière, tout cela peut-il se développer et s'épanouir dans le virtuel ou s'il ne faut pas en même temps dessiner le trajet d'un retour au réel? Internet est un chemin qui mène à la société, mais à quelle société? Avec quels laissés pour compte? Avec quel risque d'appauvrissement et quels avantages de diffusion du message évangélique?
Les exemples d'utilisations réussies d'Internet par les organismes de l'Église sont maintenant nombreux et nos questions peuvent trouver des réponses à la lumière de plusieurs expérimentations fructueuses. Par exemple, et j'ai plaisir à le citer en premier parce qu'il est près de nous et qu'il est reconnu comme une réussite pédagogique, le site InterBible qui accomplit une fonction d'éducation et de documentation en même temps que d'un accès facilité aux textes bibliques dans leur ensemble. Je mentionne également, pour leur excellente qualité d'information générale sur la vie de l'Église les agences de presse qui offrent les sites Vidimus Dominum, Zénith, InfoCatho et APIC, sans compter les agences catholiques de l'Amérique Latine, de l'Afrique, de l'Asie, des États-Unis. Il manque encore celle du Québec. On doit signaler l'initiative importante des Dominicains qui ont créé deux sites d'université à distance offrant le deuxième cycle de théologie en relation avec des Instituts reconnus, l'un à Toulouse, l'autre à Salamanque. Je signale l'expérience étonnante d'un couvent de Carmélites de Rome dont le site apporte quotidiennement une réponse au courrier de spiritualité soumis à leur forum à tel point que la venue de personnes se recueillir quelques jours à leur hôtellerie a augmenté de 100%. Les exemples seraient nombreux avec les monastères, les missionnaires, les éditeurs religieux, les périodiques, et vous en connaissez certes autant que moi qu'on pourrait mentionner utilement.
Mon propos est ici d'inviter à une documentation étoffée et à une réflexion sérieuse sur la diversité des réalisations, des modèles et des institutions. Après quelques années, nous n'en sommes plus, à travers le monde, aux balbutiements. Et l'expérience permet de clarifier quelques questions qui forment la problématique.
J'insiste tout d'abord sur un mot: la diversité des modèles. Pour faire un développement fécond, il faut vite dépasser la généralité d'une réflexion globale sur la mission de l'Église face à Internet et se mettre à examiner, pour chacune des actions des groupes de chrétiens, des institutions, des associations, quel type de mission, quels objectifs spécifiques sont visés, pour développer ensuite le style et la forme d'organisation éditoriale et technique qui est appropriée. Il faut faire des choix. En ce sens, le colloque d'aujourd'hui, par son programme, donne la direction à suivre: les problèmes de formation ne se traitent pas de la même manière que les actions d'évangélisation.
La très grande majorité des sites catholiques québécois est formée de contenus contitués par de l'information institutionnelle classique. C'est un point de départ essentiel et il faut se réjouir de cette première phase de développement. Description d'un organisme, historique, personnes responsables, activités, publications, services, tout cela doit désormais être accessible en ligne comme c'est le cas pour les services municipaux et gouvernementaux, les cégeps et les commissions scolaires. Ce qui est plus exigeant, c'est la mise à jour par les communiqués de presse, les textes de conférences ou les comptes-rendus d'événements. Tout cela pourra se développer et ne semble pas poser de problème méthodologique particulier. Les sites sont ici clairement destinés à des utilisateurs internes à l'Église et à ce titre ne soulèvent pas de questions spécifiques de langage.
Une autre catégorie de sites est celle qui veut apporter un soutien aux actions de formation chrétienne, d'éducation de la foi ou d'enseignement spécialisé en ligne, en pastorale sociale ou scolaire par exemple. On peut voir immédiatement l'avantage qu'il y aurait, dans ces développements complexes, à ce que certains sites soient conçus de manière coopérative par des personnes qualifiées, engagées dans divers diocèses et dans divers réseaux, pour fournir à tout le territoire québécois des moyens de formation permanente et de soutien spirituel pour les difficiles missions de pastorale. Ici encore, les utilisateurs visés sont internes à l'Église.
Pierre Pagé
2 février 2001