Débat faisant suite
à l’assemblée générale annuelle 2001
de Communications et Société



À propos du texte "L’Église et les communications sociales au Québec"
de Madame Sylvie Bessette


par Richard Wallot, curé


Dans l'ensemble, j'ai beaucoup apprécié la communication de Madame Sylvie Bessette et ses suggestions d'une agence de presse et d'un outilde communication (revue ou autre) grand public. Le temps est plus que mûr pour cela. Je mets cependant des nuances sur certains propos: entre propagande et information, il faut bien sûr aller du côté de l'information franche et honnête (on n'a qu'à penser aux difficultés de l'Église officielle de s'expliquer sur les Orphelins de Duplessis, et au silence de bien des groupes catholiques à ce sujet, y compris d'abord des communautés religieuses impliquées beaucoup plus soucieuses d'écouter leurs avocats que de rendre compte des événements... En ce sens, je suis d'accord qu'il faut distinguer relations publiques et information.

Il reste qu'il faut reconnaître que les médias publics, au Québec, sauf exception, ne consacrent aucun intérêt réel à l'Église et aux catholiques, sauf en cas de scandale. Là-dessus, le public catholique doit réclamer davantage ses droits, comme, par exemple, le droit de réplique. On sent, dans les médias, le préjugé que si "les gens ne vont plus à l'église" (le dimanche), alors la religion a perdu toute importance dans la vie des gens. Pourtant, par exemple, aucune institution au Québec ne mobilise autant de bénévoles chaque semaine au service des gens. On peut dire ou écrire ou raconter à peu près n'importe quoi sur l'Église ou les catholiques ou sur l'histoire de l'Église, ce qu'on fait avec beaucoup plus de discernement lorsqu'il s'agit des Juifs ou des Musulmans, par exemple. Il suffit de visionner la série télévisée sur l'Histoire du Canada qui passe à la SRC pour s'en rendre compte. La fondation de Ville-Marie et l'aventure missionnaire sont réduits à de minables tentatives de "dévots" pour faire de Montréal une "terre sacrée" et coloniser les Premières nations. Tout est présenté comme un échec. C'est plus que sommaire comme raccourci historique! Par ailleurs, on trouve souvent dans les chaînes anglaises, américaines ou européennes (ex. TV5) des reportages ou entrevues qui ne seraient jamais présentés au Québec.

Alors, Madame Bessette, continuez d'alimenter le débat dans les instances appropriées, mais il ne faut pas négliger le combat que doivent mener les catholiques (comme le font d'ailleurs tant de groupes de pression) pour prendre leur place, non seulement comme individus, mais comme collectivité, dans les milieux de l'information au Québec.

Il ne s'agit pas ici de "propagande", mais de valeurs à défendre et à faire connaïtre, dans une société par ailleurs pluraliste.

 
Richard Wallot
18 juillet 2001