Tiré du bulletin INTER
de lOffice des communications sociales
Vol. XIX, N° 4, Série Radio-TV N° 3, 1985-02-15. ISSN 0020-4927
Traduit en français par lOCS à partir dun original anglais
LITURGY ON TELEVISION OR TELEVISION LITURGY
paru dans Media Development, 3/1984, pp. 9-11.
LITURGIE TÉLÉVISÉE
OU «LITURGIE TÉLÉVISUELLE»
Johan G. Hahn
La liturgie suppose préalablement la présence d'une communauté, laquelle fait défaut dans la liturgie télévisée. Par conséquent, les offices religieux télévisés sont-ils de simples reportages ou n'assistons-nous pas plutôt à l'émergence d'une nouvelle forme de «liturgie télévisuelle» où le réalisateur prend la relève du prêtre ou du ministre et où les téléspectateurs se retrouvent au sein d'une communauté imaginaire?
Tous les dimanches, pour ainsi dire, une cérémonie liturgique est diffusée à la télévision hollandaise, qu'il s'agisse d'une messe catholique ou d'un service protestant. C'est une des tâches réservées aux deux organismes de diffusion reliés aux Églises chrétiennes: le KRO/RKK - Fondation catholique de diffusion / Télédiffusion de l'Église catholique romaine - et la IKON/ZVK - les Fondations interecclésiastiques réformées de diffusion.
Le nombre de cérémonies liturgiques télévisées justifie à lui seul une discussion théorique entre théologiens, spécialistes de la communication de masse et producteurs de télévision sur ce type d'émission assez unique: lorsque les caméras de télévision sont présentes à l'église, deux modes de communication se trouvent réunis, l'un exclusivement orienté vers l'être humain, l'autre orienté autant vers l'être humain que vers quelque chose qui se situe au-delà de l'existence humaine: «Dieu».
Quantité de livres et d'articles ont été publiés au cours des dernières années, relatant les échanges entre théologiens sur les problèmes soulevés par la diffusion de la liturgie. L'article bien connu du regretté Karl Rahner est l'un des tout premiers en ce domaine, bien que la technique des mass media y soit abordée de façon quelque peu «naïve» (note n° 1). Peu de ces écrits tiennent compte de la théorie de la communication de masse, c'est-à-dire de la théorie télévisuelle. Par conséquent, il existe sur le sujet peu de matériel théorique qui soit fondé.
Le présent article propose quelques modèles qui furent élaborés à la suite d'un séminaire de deux jours tenu à Amsterdam en septembre 1981. Ces modèles, qui s'inspirent de diverses théories de communication réputées, ont été adaptés à la situation de communication particulière que la liturgie télévisée met au jour. Ils ont déjà fait l'objet d'un ouvrage paru en Hollande sous le même titre que le présent article (note n° 2).
Notre discussion partait du fait admis, que la télévision n'est pas un media «neutre» se limitant à reproduire très exactement une réalité visuelle qui se déroule devant la caméra. La caméra de télévision intervient dans la réalité pour créer une «réalité télévisuelle» qu'il faut distinguer de la réalité originale (note n° 3).
Ainsi, lorsque la liturgie est télévisée, cette liturgie télévisée n'a qu'une relation conventionnelle - par l'intermédiaire de l'équipement électronique audio-visuel - avec la liturgie originale. Cela signifie que la liturgie que l'on voit à la télévision doit correspondre à une réalité autre que la liturgie à laquelle on peut assister et participer à l'église. Nous devons, pour les comprendre, examiner séparément les deux éléments du phénomène. Considérons d'abord la liturgie authentique à laquelle on peut participer à l'église, après quoi nous aborderons la liturgie télévisuelle.
La liturgie en soi
Dans toute liturgie, l'histoire du salut est symboliquement exprimée au présent afin de donner aux participants une perspective préliminaire de leur salut à venir. Ce point de vue - simplifié - nous permet de discerner dans la liturgie deux aspects de communication: la liturgie proclame sans cesse le salut futur au présent et l'assemblée des fidèles, en participant à la cérémonie liturgique, proclame sa communion future et la célèbre en tant que porteur de ce futur.
La proclamation et la célébration collective sont les deux principaux éléments sans lesquels la liturgie ne peut exister. À cause de ces deux conditions sine qua non, toute liturgie se compose d'un axe «vertical» et d'un axe «horizontal», le premier reposant sur la «foi en Dieu» de la communauté, le second sur la communauté en tant que «croyants en Dieu». Ce qui signifie que dans une version télévisée de la liturgie, les deux aspects doivent être présents. Sans quoi la liturgie télévisée n'est plus - sur le plan théologique - une liturgie mais tout au plus le reportage télévisé d'un événement religieux appelé «liturgie». Et c'est précisément ce que les intervenants veulent éviter!
La liturgie comme fait de communication
Si nous regardons la liturgie strictement comme un événement de communication, nous pouvons tracer un modèle qui englobe les deux éléments qu'on dit indispensables à la liturgie pour que liturgie il y ait (figure 1).
A= Dieu
B= prêtre (ou ministre, etc.)
C= assemblée des fidèles
1= révélation du divin
2= sentiment d'identité de l'assemblée et du prêtre avec le divin
3= prière au divin
4= proclamation et prédication
5= dimension sociale de la prière (sentiment communautaire exprimé par la prière, le chant, etc.)
6= réponse de l'assemblée par le geste et la parole (c.-à-d. prière à voix haute, chant en chur, etc.)
I= présence divine dans la célébration (preasentia divina)
II= célébration collective de l'assemblée et du prêtre.
Pour notre discussion, c'est l'aspect horizontal du modèle (4, 5, 6) - soit la liturgie à être télévisée - qui importe. Si nous amplifions cette relation entre le prêtre et l'assemblée des fidèles, en utilisant de façon simplifiée le modèle de communication se Shannon et Weaver (note n° 4), nous pouvons distinguer les quatre éléments qui constituent tout processus de communication, y compris la liturgie considérée comme événement de communication.
Nous trouvons un «communicateur» (C), le célébrant liturgique, qu'il soit prêtre ou ministre, et le «récepteur» (R), l'assemblée participante, que nous appellerons ici, pour des raisons d'ordre technique, le «public». Entre eux se situent le «message» (M), c'est-à-dire la liturgie en soi et le «media» (T) qui consiste, pour le cas présent, dans le système d'amplification de l'église, y compris la vos humana. Ce processus de communication peut être illustré ainsi:
E représente le «processus d'encodage» qui permet au message de s'adapter au media et D, à l'inverse, représente le «processus de décodage» permettant que le message transposé soit compris du récepteur.
Si nous divisions maintenant l'élément récepteur du processus illustré à la figure 2, le modèle se précise davantage. Outre qu'il y a réception du message émis par le communicateur, il existe chez le récepteur un potentiel de base pour la communication interhumaine, c'est-à-dire qu'une interaction sociale avec d'autres membres de l'assemblée devient possible. Il y a donc multitude de récepteurs capables d'interaction entre eux et qui se trouvent tous dans la même position de récepteur, comme nous le montre la figure 2.
Nous en arrivons à ceci:
C= ministre/prêtre
M= liturgie (évangile)
T= amplificateur, microphones, haut-parleurs, etc.
R1-Rn= récepteurs, c.-à-d. participants à la liturgie.
Dans les figures 2 et 3, la relation «verticale» contenue dans la liturgie et illustrée à la figure 1 (I et 1, 2, 3) ne nous concerne pas. S'il va de soi que cette relation est très importante pour la liturgie, la théorie de la communication ne peut en tenir compte. Seuls les aspects de la liturgie perceptibles par les sens nous intéressent. Pour les besoins de notre analyse, la liturgie est considérée comme un événement de communication entre les hommes seulement, événement qui peut être retransmis par l'équipement électronique de télévision. La relation verticale supposément existante entre les hommes et le divin dans la liturgie n'est pas manifeste chez les participants. En nous plaçant du point de vue d'une théorie de la communication, nous ne pouvons donc en tenir compte.
La liturgie à la télévision
Aussitôt que la liturgie est transmise à la télévision, surgit une situation tout à fait différente. Non seulement sur le plan théorique de la communication mais sur le plan théologique. La situation de communication se trouve modifiée, dans le processus de communication liturgique, en raison de l'interférence de deux nouveaux éléments importants: le réalisateur (avec l'équipe technique et l'équipement) et le téléspectateur.
Le rôle du réalisateur, des cameramen, des techniciens du son et des électriciens accompagnés de leur matériel, etc., est décisif dans la nouvelle situation de communication. En fait, le réalisateur se pose comme une sorte de «médiateur» entre le ministre ou le prêtre et les téléspectateurs. Dès que les caméras et les microphones se mettent à enregistrer, les aspects visuels et auditifs de la célébration liturgique, le réalisateur, qu'on ne voit pourtant pas, devient la «principale personne» de tout le processus de communication télévisuelle, celle qui décide de ce que les téléspectateurs verront et entendront à leur petit écran. Nous avons donc maintenant la situation de communication suivante:
Le media original (T0) (qui sert de trait d'union entre le message M' et le téléspectateur/récepteur R'' consiste en une série complète d'éléments de communication: un message (M') que le réalisateur reçoit à travers son équipement audiovisuel (T') - le réalisateur (R') étant maintenant à la fois récepteur et communicateur - le nouveau message (M'') composé par le réalisateur et son équipe à partir de la matière première de M' et de l'équipement électronique de télévision (T''). Même le récepteur R'' n'est plus le même que le récepteur original R, puisqu'il se trouve multiplié à travers tout le pays. Non seulement il n'existe pas de lien direct entre R' et R'' à travers T0 mais ce lien ne peut exister à cause de la structure technique du media T0.
Jusqu'ici, le modèle de la figure 4 montre lui aussi que la liturgie télévisée consiste en deux processus de communication entièrement différents. Aucun des éléments de la figure 2 ne peut être comparé aux éléments analogues de la figure 4. Cela devient évident lorsque nous unissons les deux modèles.
Nous voyons également que le ministre/prêtre, qui doit être à la fois C et C' pendant que la liturgie, en même temps qu'elle est télévisée, s'adresse simultanément aux personnes dans l'église, doit jouer deux rôles différents et bien distincts. En tant que C, il est un prêtre/ministre dans la situation de liturgie concrète. En tant que C', il doit être quelque chose de semblable dans une situation de communication où il est séparé, et dans le temps et dans l'espace, des récepteurs installés à la maison devant leur écran de télévision. À vrai dire, il doit être à la fois «prêtre télévisuel» et prêtre véritable; pareille combinaison de deux rôles sociaux dans une même personne peut difficilement se faire sans que l'un ou l'autre des rôles, ou les deux à la fois, y perdent considérablement en qualité.
Participants et téléspectateurs
Le prêtre/ministre, dans la liturgie télévisée, doit en conséquence s'adresser à deux «groupes» de récepteurs: le public, présent dans l'enceinte liturgique à l'heure liturgique et les téléspectateurs, séparés de lui dans le temps et dans l'espace par un vide irréductible. Tandis que le public peut participer de tout son être et de tous ses sens à la collectivité religieuse et humaine dans l'église, les téléspectateurs en sont réduits à sentir tout au plus une réplique des aspects visuels et auditifs de la liturgie en situation isolée. Ils ne peuvent être que spectateurs au sein d'une espèce de pseudo-communauté suggérée par les moyens techniques du réalisateur à l'aide d'images censées produire quelque chose qui ressemble à une identification avec le public. Les téléspectateurs voient le public sous divers angles et de divers points de vue; on leur montre ainsi l'illusion d'une communauté qui fondamentalement n'a rien d'une communauté (note n° 5).
La question théologique devrait être alors de savoir si oui ou non cette prétendue «interaction para-sociale» constitue une base suffisante pour permettre une expérience authentique de communauté et de communication humaines, fondamentales pour la liturgie. Apparemment, l'analyse théorique ne coïncide pas avec les sentiments exprimés par certains téléspectateurs empêchés d'assister à une célébration liturgique réelle (les personnes âgées, malades, etc.) qui disent éprouver en quelque sorte un sentiment d'identification à la communauté, de présence véritable, en regardant les cérémonies liturgiques à la télévision. Dès lors cette sensation exprimée, fondée sur une illusion de communauté, est-elle ou non acceptable sur le plan théologique?
Notre problème est de savoir s'il est justifiable d'utiliser la liturgie pour engendrer des sentiments «pseudo-communautaires» ou si ces sentiments pseudo-communautaires devraient être engendrés par la diffusion de la liturgie à la télévision. La liturgie télévisée est-elle véritablement de la liturgie ou une sorte de pseudo-liturgie? Les théologiens ne semblent pas d'accord sur cette question.
Deux liturgies
Si nous retournons à la figure 5, nous remarquons qu'il y a une distinction entre le message M reçu par le récepteur R et le message M'' reçu par le récepteur R''. Nous parlons donc, en fait, de deux messages différents M et M'', lesquels représentent deux formes de liturgies entièrement différentes.
Il semble y avoir une «liturgie pour le public» avec une assemblée participante présente physiquement et une «liturgie pour le téléspectateur», la seconde n'étant que l'interprétation de la première par le réalisateur et son équipe. À partir de la matière première qui leur est offerte, ils créent une nouvelle liturgie télévisuelle en choisissant et en agençant les éléments de la liturgie originale qui conviennent le mieux à la conception que le réalisateur se fait de son produit. Il montre en fait aux téléspectateurs sa vision de la liturgie, avec ou sans le consentement du prêtre/ministre. Pour ce faire, il utilise les éléments que seuls les téléspectateurs peuvent voir (gros plans, images de méditation, détails de l'église, etc.).
Surgit alors la question de savoir si la liturgie télévisée est «conforme à la liturgie» et en même temps «conforme à la télévision». La tâche du réalisateur est à double volet: non seulement il doit créer une bonne émission mais aussi produire une nouvelle «liturgie pour téléspectateurs» acceptable. Comme chacun sait, la tradition liturgique remonte au moins à mille neuf cents ans, tandis que la tradition télévisuelle remonte tout au plus à cinquante ans. On peut donc concevoir que certains éléments, dans la tradition liturgique, soient incompatibles avec la tradition télévisuelle. Nous devons nous demander si liturgie et télévision sont ou non conciliables. Et pourtant, la tâche incombe au réalisateur de les combiner.
Nous savons d'ores et déjà qu'il nous faut tenir compte du vide immense entre l'assemblée des fidèles et les téléspectateurs, infranchissable en raison des particularités du système de transmission propre à la télévision. Une sorte de mur transparent s'élève entre les deux groupes, l'un étant tenu à l'écart de la participation à la cérémonie du pain et du vin. Mais si tel est le cas, nous devons nous demander si une liturgie télévisuelle - sans participation possible de la part des téléspectateurs - est toujours une forme acceptable de liturgie au sens théologique. La réponse est donnée du moment que nous confirmons l'importance, pour la liturgie, d'une présence physique de la communauté humaine. Dans une vision traditionnelle, nous dirions que «sans communauté, il n'y a pas de liturgie», mais avec l'évolution des moyens de communication, les positions théologiques peuvent être appelées à changer d'autant.
Un réalisateur prêtre
En faisant une distinction entre deux formes de liturgies, nous soulignons l'influence créatrice du réalisateur sur la forme et le contenu d'au moins d'une des deux. Sa façon de produire une nouvelle liturgie à partir de la «liturgie du prêtre» est si différente da la façon dont la liturgie est conçue traditionnellement par le prêtre/ministre, qu'il apparaît nécessaire de dire du réalisateur qu'il est prêtre lui aussi. Son rôle est de produire une liturgie (télévisuelle), ou du moins d'assister le prêtre à la manière d'un diacre en accomplissant la liturgie.
À titre de diacre, il transforme les éléments de la liturgie du prêtre en quelque chose de nouveau, reconnaissable aux yeux des téléspectateurs pour de la liturgie. Il utilise des éléments connus, en composant une version télévisuelle de la liturgie originale, pour donner aux téléspectateurs la possibilité de supposément participer à la liturgie telle qu'elle est montrée sur l'écran. Par conséquent, il se sert des éléments de l'évangile, ce qui signifie qu'il proclame un message de communauté et de salut par un instrument qui rend foncièrement impossible la communauté. C'est ce que nous appelons le «paradoxe de la télévision». Il faut suggérer une communauté qui ne peut jamais être réalisée.
Le réalisateur soucieux de produire une liturgie télévisuelle se doit également de créer une bonne émission, en se servant des codes télévisuels pour communiquer les codes liturgiques. Le processus d'encodage et de décodage devient d'autant plus compliqué en raison de l'utilisation de deux codes totalement différents. Pour le réalisateur, les deux codes sont d'égale importance puisque l'un ne va pas sans l'autre pour produire une liturgie télévisuelle acceptable. Mais peut-on réellement fusionner les deux codes en un seul pour produire une émission de télévision cohérente?
À notre avis, de sérieux problèmes surgissent du fait que le code télévisuel s'articule autour d'une tradition culturelle visiblement contradictoire avec la tradition liturgique chrétienne. Les codes télévisuels (surtout américains) basés sur la violence, l'action, la vitesse, la violation des valeurs humaines fondamentales, etc., sont si différents des codes chrétiens basés sur l'amour, la compréhension, la méditation, la non-violence, l'attention, la charité, etc., que la combinaison des deux semble problématique. Il faudrait expérimenter de nouvelles formes et de nouveaux codes télévisuels ou la liturgie télévisuelle.
Théologie et télévision
Bien que ces problèmes techniques puissent être solutionnés, une question importante demeure sans réponse: quelle est la valeur théologique de la liturgie à la télévision? En d'autres mots: la bénédiction du prêtre, élément primordial de la liturgie, peut-elle être transmise par les moyens électroniques de communication? Lorsque le téléspectateur regarde une célébration liturgique à la télévision, est-il inclus dans la bénédiction du prêtre, le pardon des fautes et la proclamation du pardon? Si tel est le cas, la consécration qui change le pain et le vin en corps et sang du Christ peut-elle être transmise elle aussi par un media électronique de communication (note n° 6)?
La transmission en direct à travers le monde de la bénédiction papale annuelle urbi et orbi suggère elle aussi cette possibilité. Mais si cette suggestion est prise pour réelle, la bénédiction peut alors aussi être enregistrée sur vidéo et transmise ultérieurement, compte tenu des décalages horaires à travers le monde. Bien que toutes ces questions paraissent étranges, les implications théologiques liées aux concepts tels que présence réelle, participation actuelle et communion avec le Christ devraient être repensées et redéfinies en relation avec l'usage des nouveaux médias électroniques, incluant tous les types de télévision (câble, satellite, etc.).
Lorsque le monde change, les concepts et les positions théologiques doivent changer aussi. Les trois concepts mentionnés plus haut, reliés à la liturgie, proviennent d'un monde totalement différent de notre monde actuel. On peut se demander si ces concepts peuvent toujours être utilisés de façon traditionnelle, considérant les nouveaux développements de la communication dans un monde hautement technologique. Par ailleurs, nous devons faire une distinction entre les questions réelles et les fausses questions issues d'une fausse conception de la place des médias électroniques dans le monde moderne. L'enregistrement vidéoscopique de la liturgie illustre bien ce type de faux problème.
La liturgie télévisée est une liturgie communiquée par des moyens électroniques modernes. Utiliser ces moyens sans discernement est une chose, répondre aux questions soulevées par l'utilisation des «médias sociaux» modernes en est une autre. Les problèmes sont considérables et ce court article n'y apporte pas de solutions. Il suggère néanmoins des pistes de réflexions et de recherches qui devraient être menées en étroite collaboration entre théologiens, producteurs de télévision et experts de la communication religieuse et audiovisuelle.
La communication audiovisuelle prend une importance sans cesse croissante dans notre monde actuel et futur et la communication humaine est de plus en plus influencée par les médias technologiques. Les théologiens devront se donner pour tâche, entre autres, de réfléchir sur l'interaction entre les hommes et les médias, et entre les hommes de Dieu.
Lorsque la liturgie est transmise à la télévision, la communication entre les hommes et la communication entre les hommes et Dieu se rejoignent en un même point. C'est à partir de ce point de départ que devrait s'amorcer la réflexion sur la communication religieuse actuelle, autant dans l'intérêt des récepteurs que dans celui des émetteurs du message (note n° 7).
Drs Johan G. Hahn studied at the State University at Groningen, Netherlands and at the State University of Utrecht. His main areas are communication studies with particular interest in audio-visual and religious communication. He is a lecturer at the Catholic Theological Faculty, Amsterdam, and author of Liturgie op Televisie of Televisie-Liturgie (1982).]