Note: on trouvera à la suite du présent communiqué le texte de lallocution de M. Marc Comeau, rendant hommage au lauréat.
Journée mondiale des communications sociales en Outaouais

Archidiocèse dOttawa
Université St-Paul
Communications et Société
Archidiocèse de Gatineau-Hull
Conférence des évêques catholiques du Canada
COMMUNIQUÉ
Ottawa-Gatineau, le 16 mai 2005
Hommage à M. Jean Fahmy
communicateur et écrivain

Ottawa-Gatineau.-Le sixième prix de Communications et Société à être décerné dans lOutaouais est remis à M. Jean Fahmy, communicateur et écrivain reconnu, pour la constance de son engagement dans le domaine des communications, de lécriture et de la francophonie. Cet hommage lui est remis, aujourdhui, le 16 mai, à 17 h 30, dans les locaux de la paroisse Ste-Marie, 4831, chemin Innes à Ottawa (secteur Orléans), dans le cadre dune cérémonie visant à souligner la 39e Journée mondiale des communications sociales qui a pour thème « Les moyens de communication au service de l'entente entre les peuples».
Né au Caire en Égypte, Jean Fahmy a été journaliste dans son pays dorigine, comme reporter à lAgence France-Presse et éditorialiste au magazine Images. Il a enseigné le français au secondaire à Laval au Québec et la littérature et la civilisation françaises aux universités McGill et dOttawa. Il détient une licence ès Lettres de lUniversité du Caire, une maîtrise ès Arts de lUniversité de Montréal et un doctorat (Ph.D.) de lUniversité McGill.
Dans sa carrière de journaliste, M. Fahmy a également tenu une chronique régulière de politique internationale au journal Le Droit de 1976 à 1978. De plus, il a signé des articles de critique littéraire, politique et sociale, des pièces dopinion et des études culturelles dans de nombreuses publications, dont Le Droit, Le Devoir et La Presse.
Depuis 1974, le récipiendaire de cet hommage de Communications et Société a eu un parcours impressionnant au sein de la fonction publique fédérale. Il a notamment été chef des communications sur les hydrocarbures au ministère de lÉnergie, des Mines et des Ressources et gestionnaire des communications au ministère de lIndustrie. En 1986, Jean Fahmy devient analyste principal au Secrétariat dÉtat où il soccupe notamment des dossiers de lalphabétisation et fait partie de léquipe chargée de la rédaction de la Loi sur le multiculturalisme canadien.
À partir de 1989, il a travaillé au Commissariat aux langues officielles où il a été successivement directeur de lAnalyse des politiques et directeur des Communications et des Opérations régionales.
Depuis février 2000, Jean Fahmy, en plus dêtre un conférencier recherché et un consultant dans divers domaines tels que l'élaboration de politique, la gouvernance, l'éthique et la diversité culturelle, se consacre essentiellement à lécriture. Il est lauteur de plusieurs romans et essais. Deux de ses romans ont dailleurs remporté des prix importants. Amina et le mamelouk blanc a été finaliste du Prix Trillium en 1998. Son dernier ouvrage Ibn Khaldoun Lhonneur et la disgrâce a reçu les honneurs suivants :
- finaliste du prix littéraire Le Droit 2003 ;
- finaliste du Prix des lecteurs Radio-Canada 2003 ;
- lauréat du Prix du Livre dOttawa 2003.
Enfin, M. Jean Fahmy est très impliqué dans sa communauté à titre de bénévole. Il est, entre autres, vice-président de l'Association des auteures et auteurs de l'Ontario français ainsi que vice-président Ottawa de Radio Ville-Marie Outaouais.
Cette soirée-hommage a été organisée conjointement par les diocèses dOttawa et de Gatineau-Hull, lUniversité Saint-Paul dOttawa, le Service des communications de la Conférence des évêques catholiques du Canada et Communications et Société. À loccasion de la Journée mondiale des communications sociales, lévénement veut rendre hommage à des artisans ou médias qui promeuvent la qualité et louverture à des valeurs éthiques et spirituelles.
Lauréats précédents
Prix Communications et Société en Outaouais
2000 : Michel Picard, journaliste et chef dantenne du Ce Soir et du Midi à la télé de Radio-Canada, et André Ruszkowski, fondateur de lInstitut des communications sociales de lUniversité Saint-Paul.
2001 : Denis Gratton, journaliste au quotidien Le Droit.
2002 : Pierre Bergeron, ex-éditeur du quotidien Le Droit.
2003 : André Soucy, directeur de la Télévision communautaire de Buckingham-Masson-Angers, LAnge-Gardien.
2004 : Anne Michaud, journaliste à la radio de Radio-Canada.
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Texte de lallocution prononcée par M. Marc Comeau,
à loccasion de la remise de lHommage Communications et Société
à M. Jean Fahmy.
Monsieur et Madame Fahmy, Monseigneur Gervais, Monsieur Bertrand Ouellet, chers invités.
Cest un grand privilège pour moi que dêtre ici parmi vous ce soir.
Quand on ma demandé de vous présenter Jean Mohsen Fahmy, communicateur, je me suis dit quil me fallait trouver un fil conducteur qui rendrait justice non seulement à lartisan des communications, mais aussi au mari, au père, au grand-père, au fils, au frère, au beau-père, à loncle, au gendre, au collègue et à lami.
En ressassant ce que javais appris au sujet de lhomme au cours des 20 dernières années et en parcourant le bilan de sa carrière jusquà présent, il mest venu à lesprit que jaurais peut-être besoin de laide de quelquun qui fut aussi, à son époque, un grand communicateur. Cest un personnage dont les oeuvres ont profondément marqué le cheminement de notre ami.
Jai donc appelé en renfort (virtuel, bien sûr) M. François-Marie Arouet, que vous connaissez sans doute mieux sous le nom de Voltaire.
Sans pour autant en épouser les opinions les plus controversées, Jean Mohsen Fahmy a tout de même consacré dinnombrables heures détude et plusieurs ouvrages, dont sa thèse de doctorat, à ce fougueux personnage quétait Voltaire. Lécrivain et philosophe du 18e siècle serait notamment à lorigine dune très célèbre citation devenue en quelque sorte le credo des défenseurs de la liberté dexpression, elle-même la pierre dassise de la communication. Elle est donc tout à fait de circonstance : Je suis en profond désaccord avec tes idées, mais je donnerais ma vie pour que tu aies le droit de les exprimer.
Et en causant avec plusieurs de ses proches au cours des derniers jours, je me suis vite rendu compte que Jean Fahmy, qui est certes une personne qui sait et qui aime sexprimer, est justement très apprécié pour son ouverture, sa tolérance et sa générosité. Bref, il sagit dun homme pas du tout intéressé par ce que lon pourrait appeler la communication à sens unique.
Il ne faut surtout pas sen étonner, car sil y a une certitude, cest que M. Fahmy a toujours eu envie dapprendre et sest efforcé de puiser des connaissances à toutes les sources imaginables.
Il faut savoir sinstruire dans la gaieté. Le savoir triste est un savoir mort. Lintelligence est joie, a dit Voltaire.
En tout cas, notre ami a suivi le conseil du grand écrivain au pied de la lettre. Licence en lettres de lUniversité du Caire dans son Égypte natale. Brevet denseignement spécialisé de lUniversité du Québec à Montréal. Maîtrise en littérature et en sociologie de lUniversité de Montréal. Doctorat en littérature et en linguistique de lUniversité McGill.
Or, toutes ces connaissances, fallait bien les partager! Cest ainsi quil a fait ses premières armes dans le monde des communications en tant que journaliste.
Comme dirait lauteur célèbre (encore lui!), plus les hommes sont éclairés, et plus ils seront libres. Dans les années 60, il se trouvait au moins un jeune égyptien qui voulait éclairer rien quen masse!
En fait, il a tellement aimé le journalisme quil a continué à y oeuvrer à temps partiel pendant de nombreuses années, notamment en tant que chroniqueur et pigiste pour les quotidiens Le Droit, Le Devoir et La Presse.
Comme le savez tous sans doute, cest dabord en français que M. Fahmy choisit de communiquer, lorsquil en a le loisir. Notre langue, une gueuse fière à qui il faut faire laumône malgré elle, comme dirait lautre, il la manie avec une facilité qui ferait rougir plus dun Franco-Ontarien, Québécois ou Français de France même.
Encore une fois, cest une aptitude quil a cherché à partager en enseignant le français aux adolescents, aux universitaires et... aux fonctionnaires fédéraux contraints de lapprendre. Fallait vraiment laimer, la langue de Molière!
Et maintenant, parlons-en donc un peu plus, de notre cher gouvernement fédéral.
Si on si fie aux manchettes des derniers temps, on pourrait croire que les choses nont que très peu changé depuis que Voltaire a dit que lart de gouverner consistait à prendre le plus dargent possible à une catégorie de citoyens afin de le donner à une autre.
Ça vous rappelle quelque chose?
Or, il sen trouve encore plusieurs pour dire que le service public demeure néanmoins une fort noble profession, et je suis à peu près certain que Jean Fahmy est de ceux-là.
Après tout, na-t-il pas passé plus dun quart de siècle au service du gouvernement canadien, tantôt comme chef des communications sur les hydrocarbures chez EMR, Énergie Mines et Ressources, tantôt à titre de gestionnaire des communications au sein du ministère de lIndustrie?
Puis, en 1986, il a été nommé analyste principal au secrétariat dÉtat, où il participe à la rédaction de la Loi sur le multiculturalisme canadien, entre autres choses.
Enfin, il passera la dernière décennie de sa carrière de fonctionnaire au Commissariat aux langues officielles, à titre de directeur de lAnalyse des politiques puis de directeur des Communications et des Opérations régionales.
Lécriture, disait Voltaire, est la peinture de la voix.
Jean Fahmy, en dépit de ses engagements familiaux et professionnels, a toujours trouvé le temps décrire. Au fil des ans, il a été lauteur de plusieurs essais et romans.
Alors quil voyait sa carrière à la fonction publique sachever et ses trois enfants commencer à voler de leurs propres ailes, notre ami a saisi cette occasion de consacrer davantage de temps à lécriture.
En 1998, son avant-dernier roman, Amina et le mamelouk blanc, a par ailleurs été retenu comme finaliste en vue de la remise du Prix Trillium, alors que Ibn Khaldoun - Lhonneur et la disgrâce, sest mérité le èrix du Livre dOttawa en 2003, en plus dêtre finaliste pour le prix littéraire Le Droit et le Prix des lecteurs Radio-Canada.
Avec tous ces éloges, lauteur semi-retraité serait-il en train de donner raison à un autre écrivain du 18e siècle, qui aurait dit que pour faire un bon livre, il fallait un temps prodigieux et la patience dun saint?
Pour le temps prodigieux, cest acquis. En ce qui a trait à la patience dun saint... faudrait peut-être en parler à son épouse Adèle!
Jai toujours cru quun bon communicateur, quil soit écrivain, attaché de presse ou humble rédacteur de discours, met toujours un peu de soi-même dans ses oeuvres. Et le communicateur que nous célébrons ce soir ne fait certes pas exception à cette règle.
Pour ma part, jaffectionne particulièrement les nombreux clins doeil au vécu et aux passions de lauteur contenus dans son roman Amina, qui met en scène une jeune femme issue dun village copte (cest-à-dire chrétien) de lÉgypte natale de Jean Fahmy.
Grand amoureux du français, lauteur a bien sûr pris soin de faire entrer la langue de Molière dans lunivers dAmina et des Égyptiens chrétiens au moyen dun brave soldat du nom de Mathieu Vandal, qui fait alors partie des troupes napoléoniennes envahissantes.
De fil en aiguille, Mathieu se retrouve éventuellement, en compagnie dAmina, ici-même sur nos froides terres dAmérique, où il épousera la cause des canadiens-français incarnée alors par les Patriotes de Louis-Joseph Papineau.
On peut se demander si Amina, déboussolée à la fois par le fait de voir son mari prendre part à un autre conflit armé et par la dure réalité de nos hivers rigoureux, naurait pas eu le goût de réciter à son cher Mathieu le plus célèbre des échanges entre le Candide de Voltaire et son compagnon de voyage :
Cest une autre espèce de folie. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et quelles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada en vaut! De vous dire précisément sil y a plus de gens à lier dans un pays que dans un autre, cest ce que mes faibles lumières ne me permettent pas. Je sais seulement quen général les gens que nous allons voir sont fort atrabilaires.
Atrabilaires? Vous vous demandez peut-être ce que ça veut dire? Moi aussi, jai dû fouiller pour en trouver la définition. Ça veut dire : de fort mauvaise humeur.
Pour en revenir à notre citation voltairienne, la tendre épouse de M. Fahmy lui a peut-être lancé quelque chose de semblable à la fin des années 60 lorsquelle a mis les deux pieds dans quelques arpents de sloche pour la toute première fois!
Mais faut croire que les gens dici nont pas été trop atrabilaires à leur endroit, car ils ont néanmoins décidé de rester, pour notre plus grand bonheur.
Cest ainsi quune nouvelle famille a pris racine ici. Dabord avec larrivée de Jean-Charles, puis de Caroline et de Miriam. Sont ensuite venus sajouter deux petits enfants, Alexandre et Sarah, et bien sûr les conjoints de Jean-Charles et Caroline, Jennifer et Chris.
Le seul moyen dobliger les hommes à dire du bien de vous, cest den faire. Cette sagesse voltairienne, Jean Fahmy la mise en pratique tant à la maison que dans la collectivité.
Il est actuellement vice-président du Conseil de la Coopérative Radio Ville-Marie Outaouais, qui vise à doter la région dOttawa-Gatineau dune antenne oecuménique comme il en existe déjà à Montréal et ailleurs au Québec.
Lui et son épouse sont également des bénévoles et paroissiens très dévoués au sein de la communauté chrétienne Sainte-Marie dOrléans, qui nous accueille si chaleureusement ce soir.
Homme de foi et de solidarité humaine, il a aussi prêté ses énergies et ses talents à plusieurs autres causes, dont celles du développement international et de léducation.
En cette Journée mondiale des communications sociales ayant pour thème Les moyens de communication au service de lentente entre les peuples, aurait-on pu choisir un meilleur lauréat que celui à qui nous rendons hommage ce soir?
Je men voudrais de ne pas profiter de cette occasion pour souligner des liens damitié qui me sont très chers, qui nous ont dabord liés Jean-Charles et moi, lorsque nous étions jeunes adolescents, et qui se sont par la suite étendus à nos deux familles respectives, une évolution qui ma permis de connaître bien sûr son père Jean, mais aussi Adèle sa mère, ainsi que ses soeurs Caroline et Miriam.
Jean-Charles et moi sommes devenus parents au cours des dernières années et cest aujourdhui une grande joie pour moi de voir ses enfants et les miens samuser ensemble, comme ce fut le cas il y a une dizaine de jours à peine.
Avant la remise officielle du sixième prix de lOrganisation Communications et Société à Monsieur Jean Mohsen Fahmy, jaimerais, si vous le permettez, vous laisser avec une dernière citation de Voltaire.
Du docteur Pangloss, léternel optimiste de Candide, elle ressemble davantage à un souhait quà un constat : Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles!
Marc Comeau
16 mai 2005