Prix Radio 2008 de Communications et Société
à l'émission
LES ANNÉES LUMIÈRE,
de la radio de Radio-Canada
pour le reportage
« Indonésie : plantations de palmiers pour leur huile ».

M. Jacques Auger (à gauche),
premier directeur de l'information radio, Radio-Canada,
et M. Bertrand Ouellet,
directeur général de Communications et Société
Présentation du Prix par M. Denis Dompierre
C'est un reportage bien monté, clair et lucide, qui porte à notre attention un gros problème environnemental et humain qui pointe à l'horizon.
Le reportage décrit une « déforestation chaotique et une exploitation anarchique » de la terre en Indonésie pour la plantation de palmiers, car leur huile est en grande demande pour la nourriture (en Chine et aux Indes), les produits cosmétiques et bientôt comme biodiésel. Le biodiesel est favorisé par de larges subventions en Europe et aux États unis pour accroitre son utilisation.
Ce n'est pas le fait qu'il y a des plantations qui pose problème, mais la « méga-plantation », qui entraîne une destruction de la terre et de la faune, et éventuellement la destruction de la capacité même de production, pour un gain monétaire substantiel. Le gouvernement indonésien s'est vanté qu'il attendait jusqu'à 12,5 milliards de dollars en investissements pour des usines de production du biodiésel.
Le jury a compris que le reportage touche des principes que l'Église tient à mettre de l'avant, spécialement par sa doctrine sociale et, au Canada, par l'uvre de Développement et Paix, c'est-à-dire :
-On ne peut accepter que de grandes compagnies exploitent les richesses premières de façon exagérée.
-Une exploitation sans respect brime la dignité humaine des travailleurs qui vivent pauvrement.
-Ne pas respecter l'environnement, c'est un non-respect de la création, de la Terre mère comme les premières nations pourraient le dire.
Mais voilà que nous lisons dans le Wall Street Journal du 30 avril que les plans de développement de raffineries de biodiésel en Asie sont suspendus, car la forte demande en Chine et aux Indes pour l'huile de palme a pour conséquence que leur prix est trop élevé pour rentabiliser la production du biodiésel. De trop grandes subventions ont également eu comme résultat qu'il y a en trop en Europe pour le moment.
L'Europe est le plus gros consommateur de biodiésel au monde. Mais l'Europe réduit ses subventions pour exclure le biodiésel si l'huile de palme provient de forêts détruites récemment, car la déforestation augmente considérablement les gaz à effets de serre, ce qui annule les bénéfices d'utiliser du biodiésel.
Également le 30 avril, dans le Globe & Mail, nous lisons dans un article de fond sur le sujet que les inquiétudes au sujet de l'environnement et du coût des aliments ont amené le gouvernement Harper à allouer 500 millions pour accélérer la transition à la prochaine génération technologique qui n'utilisera pas les aliments comestibles pour créer de l'énergie.
Il n'est pas vain de produire des reportages sérieux et bien documentés.