Les Prix Communications et Société 2006
Catégories “Livres” et “Radio/télévision/DVD”




Montréal, le 11 mai 2006

C’est aujourd’hui, dans le cadre d’un “5 à 7” suivant l’assemblée générale annuelle de ses membres, que Communications et Société remet ses prix pour l’année 2006.

Les lauréats ont été choisis par un jury de trois personnes à partir de nombreuses mises en nomination dont on a souligné la grande valeur. Les choix ont été difficiles.

Ce jury était formé de
Monsieur Pierre Patrick Barrett, répondant du service de l’éducation à la foi pour le Plateau Mont-Royal.
Madame Niquette Delage, Directrice, Fondation Y des femmes.
Monsieur Denis Dompierre, de l’équipe permanente de Communications et Société.



Les Prix dans la catégorie “Livres”




M. Patrick Barrett et Madame Judith Boivin-Robert


Le tricycle de Shinichi
Texte de Tatsuharu Kodama
Illustrations de Judith Boivin-Robert.
Les éditions Les 400 coups.


Comment présenter cet ouvrage? Nous croyons qu'il faut commencer par observer une minute de silence pour tous les gens qui ont péri dans des guerres et ceux et celles qui périssent encore dans des conflits armés.

Il n'est pas question dans ce livre de jouer les victimes, l'auteur sait trop bien que dans la folie guerrière, tout peuple, toute nation, tout être humain est capable du meilleur et aussi du pire. « Le tricycle de Shinichi » de Tatsuharu Kodoma est un livre puissant et bouleversant. Les mots ne peuvent rendre justice à cette œuvre.





Madame Laure Waridel et sa fille Alphée


Acheter, c’est voter
Auteure : Laure Waridel.
Éditions Écosociété.

Laure Waridel propose une autre manière de vivre l'économie, un commerce équitable où chaque personne a le pouvoir de changer quelque chose et a la responsabilité de par ses propres choix de bâtir un monde plus juste, plus humain, et un développement durable et responsable qui tiennent compte de la personne humaine, de l'environnement, de la nature et des générations à venir. Trop souvent, nous sombrons dans un fatalisme, on se met la tête dans notre nombril et on se dit qu'il n'y a rien à faire. Laure Waridel nous indique une autre voix. Non seulement nous expose-t-elle aux impacts véritables de nos choix de consommation, mais elle met quotidiennement en pratique ce qu'elle propose dans son ouvrage. En d'autres mots, elle vit ce qu'elle écrit et ce qu'elle dit.

Son livre n'est pas qu'un simple livre de vœux pieux, c'est une force créatrice et concrète pour qu'émerge en ce début du 21e siècle, une véritable économie équitable, respectueuse de la personne humaine, de l'environnement et cela à l'échelle de la planète.






M. Jean-Paul Tessier, éditeur (Éditions de la Paix)


Le Club des fous rires
Texte : Sonia K. Laflamme.
Illustrations : Jean-Guy Bégin.
Éditions de la Paix.


Sonia K. Laflamme ne révèle pas ses secrets. Elle développe son sujet avec minutie, et nous conduit là où elle veut nous emmener. La thérapie par le rire existe, et accomplit des merveilles. À qui sait attendre! En effet, au fil des pages, on découvre des personnages sympathiques, dont les valeurs façonnent les bonnes relations entre les individus. Il n’est jamais trop tard pour changer et s’engager dans un nouveau périple, plus épanouissant.

Sans être moralisateur, le Club des fous rires aborde avec réalisme un problème très réel et utilise une méthode originale pour livrer un message.





Madame Roxane Paradis et M. René Laprise, président de Communications et Société


Il faut trouver le temps de s’aimer
Texte et illustrations de Roxane Paradis.
Les éditions Lauzier.

Voici un livre tout à fait superbe qui illustre l’art de vivre. À chaque page, il y a un conseil vital pour qu’une vie soit heureuse et comblée. Chaque notion est illustrée pour inspirer les jeunes enfants, mais ce sont des leçons qui seraient utiles à plusieurs adultes !

Prendre le temps de vivre, de rêver, prendre l’air, avoir du bon temps, se ressourcer, partager avec les amis, s’amuser, rire et écouter de la bonne musique … Toutes des choses qu’on se dit parfois qu’on fera plus tard, lorsque nous aurons le temps. Mais pour quelles raisons de prendre le temps ? Pour avoir les idées claires, avoir plus d’énergie, avoir de bons souvenirs, ne pas perdre la raison. En fin de compte : pour embellir nos vies. Même le travail peut être moins épuisant si on sait vivre.

Madame Paradis a mis plus d’un an aux croquis et à la coloration et c’est manifeste : les illustrations sont savoureuses et font vivre le message. Un très beau livre, chaudement recommandé.


Mention spéciale à
Il ne faut pas toujours croire les journalistes
Mario Cardinal.
Bayard Canada.

« L'information vit en ce moment une sérieuse crise de crédibilité au point où le public doute de ce qu'il lit, voit et entend. Pourquoi? Parce que les entreprises de presse n'informent plus, elles vendent. » Mario Cardinal résume ainsi l'objet de son propos dans son livre Il ne faut pas toujours croire les journalistes.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les entreprises de presse vendent. On s'entend que ce ne sont pas des œuvres de charité et qu'elles ont besoin des revenus publicitaires pour livrer à la clientèle un produit. Au-delà de ce constat, il y a la réalité actuelle. Pas si actuelle, en fait, puisque cette orientation date d'un certain temps, mais elle a pris une telle importance que le journaliste Mario Cardinal a jugé important de lancer un cri d'alarme. Ce n'est plus le seul fait de l'omniprésence de la publicité qui inquiète, mais le contenu éditorial lui-même, l'approche à la nouvelle qui suscite des points d'interrogation.

Le volume fait un tour d'horizon salutaire, donne des exemples concrets pertinents et fait la démonstration que notre société accepte, du moins en apparence, un état de fait troublant. Il est bon de l'examiner à froid, de s'exprimer ouvertement à son sujet, d'attirer l'attention, de susciter la réflexion, le questionnement. Venant d'un membre de la profession, ce témoignage sur l'évolution du journalisme est d'autant plus crédible.



Les Prix dans la catégorie “Radio/télévision/DVD”



Madame Niquette Delage et M. Luc Côté


Opération retour
Un film de Luc Côté.
Produit par Paul Lapointe.

Opération retour est un document dérangeant. Face à des conflits, les militaires jouent un rôle pour lequel ils ont été certes formés, mais il y a plus. Ceux qui nous livrent leurs pensées disent, chacun dans ses mots, que l’armée prépare à une foule de choses, mais pas à faire face à ses sentiments. Ces personnes ne sont pas des machines, mais des êtres de chair, de sang et d’émotions. Elles sont constamment mobilisées, présentes dans des zones de conflits, et ce qu’elles voient, ce qu’elles entendent les affecte.

Les témoignages rendus sont révélateurs des stress qu’ont vécus certains militaires, femmes et hommes. Nous confier que vivre est un effort est un constat désolant, alarmant. L’armée canadienne écoute-t-elle? Nous l’espérons. Ce que nous avons appréciés de ce documentaire, c’est son approche directe, sobre, et nous remercions Luc Côté de nous avoir entraînés dans la découverte d’un univers inconnu, qu’il faut apprivoiser. On ne peut demeurer indifférent.



Trois productions de la série Extrémis:




M. Denis Dompierre et M. Robert Cornellier

Ceux qui n’en meurent pas laissent toute espérance
Un film de Robert Cornellier.

Bhopal, Tchernobyl, Exxon Valdez : des milliers de personnes sont mortes à la suite de ces désastres provoqués par les hommes. Mais que deviennent les survivants, 20 après ?


Partir ou mourir
Un film de Raymonde Provencher.

Des millions de gens migrent tous les jours, fuient droit devant eux, peu importe les moyens, le danger, et même la mort. Plusieurs ne réussissent pas. Ils ne sont plus là pour raconter leur histoire. Les autres y laissent parfois une partie d’eux-mêmes et de leurs illusions.

Désobéir
Un film de Patricio Henriquez.

C’est une minorité infime. Un sur cent. Dix sur mille. Ils ont osé défier la discipline et la hiérarchie militaires. Ils ont consciemment désobéi aux ordres. Et ils ont payé très cher le prix de leurs convictions.



Nous pouvons ressentir plusieurs émotions en visionnant ces trois émissions : de l’étonnement, de la frustration, de la colère, de l’énervement et de l’indignation. Mais après les réactions initiales, il est permis d’être optimiste sur le sort de l’humanité.

Les humains ont la capacité de choisir la vie, pas seulement pour eux-mêmes, mais également pour tous les humains, et certains le font concrètement, dans des circonstances parfois vraiment affreuses. Cela est encourageant, car l’égoïsme est la voie facile et les consciences sont souvent paralysées ! La banalité des idées reçues ne peut pas déresponsabiliser totalement la majorité de la population du sort de la planète et de ses habitants. Certes, notre impuissance individuelle sur les événements est réelle, mais c’est une excuse trop facile. Nous retrouvons une grande force d’âme et de courage chez Robert Cornellier, Patricio Henriquez et Raymonde Provencher, ainsi que chez plusieurs personnes qu’ils ont interviewées.